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TABLEAU DE L’ÉTAT DES SCIENCES
leur origine d’une tribu de Huns, s’établirent dans la Tartarieet dans la Perse. Ils prirent Bagdad, pendant que d’autresbordes s’emparaient de Damas, d’Alep et dTconium, qui déjà,en 1071, était devenue la capitale de Soliman I er .
Les Arabes, en s’étendant beaucoup trop, s'étaient divisésde plus en plus. Leurs guerres civiles, et surtout leurs dis-sensions religieuses avaient, pour ainsi dire, assuré d'avancele succès des envahisseurs étrangers.
A ces diverses causes, qui arrêtaient le développement de lacivilisation arabe, vinrent s’en joindre d’autres. Nous voulonsparler des croisades.
Pendant au moins deux, siècles, des bandes indisciplinéesparties, non plus des steppes de la Sibérie , non des pays desHuns ou des Mongols, mais de notre Occident , allèrents’abattre vers l’Orient, sur les diverses contrées où brillaientencore quelques restes de l'ancienne civilisation grecque ouarabe.
Ce fut sur des chrétiens mêmes que les croisés, conduits parPierre l’IIermite, firent le premier essai de leurs armes. EnHongrie et en Bulgarie , ils débutèrent par des brigandages.Aussi furent-ils presque tous exterminés.
D'autres, au nombre de deux cent mille, arrivés sans chefjusqu'à Constantinople , pénétrèrent dans l’Asie Mineure, et cepays devint leur tombeau. Comme les premiers croisés détrui-saient tout sur leur passage, les populations entières, turques,grecques, arabes, juives, syriaques, se soulevaient en massecontre eux.
II est évident qu’à partir de l'époque où l’on commença àredouter les invasions, le pillage, les luttes sanglantes et toutesles calamités de la guerre, on s'occupa moins, chez les Arabes etles autres Orientaux, d'élever le niveau des études, d’étendreles limites des sciences , de perfectionner tous les arts degoût, d’élégance et d’imagination. On songea avant tout àse mettre à l’abri des dangers et des maux dont on était perpé-tuellement menacé. Les Turcs qui, d'ailleurs, une fois établis,embrassaient l'islamisme, causaient moins de terreur que lescroisés. On s’occupa, de préférence alors, de l’étude desmoyens de guerre que la science pouvait fournir. C’est à cetteépoque que le feu grégeois , depuis si longtemps connu et eni-