Buch 
2 (1867) Savants du moyen âge : Geber, Mesué, Rhasès, Avicenne, Averroès, Abulcasis, Albert le Grand, Thomas d'Aquin, Roger Bacon, Vincent de Beauvais, Arnauld de Villeneuve, Raymond Lulle, Guy de Chauliac, Gutenberg, Fust et Schoeffer, Christophe Colomb, Amèric Vespuce / par Louis Figuier
Seite
26
JPEG-Download
 

26

TABLEAU DE LÉTAT DES SCIENCES

leur origine dune tribu de Huns, sétablirent dans la Tartarieet dans la Perse. Ils prirent Bagdad, pendant que dautresbordes semparaient de Damas, dAlep et dTconium, qui déjà,en 1071, était devenue la capitale de Soliman I er .

Les Arabes, en sétendant beaucoup trop, s'étaient divisésde plus en plus. Leurs guerres civiles, et surtout leurs dis-sensions religieuses avaient, pour ainsi dire, assuré d'avancele succès des envahisseurs étrangers.

A ces diverses causes, qui arrêtaient le développement de lacivilisation arabe, vinrent sen joindre dautres. Nous voulonsparler des croisades.

Pendant au moins deux, siècles, des bandes indisciplinéesparties, non plus des steppes de la Sibérie , non des pays desHuns ou des Mongols, mais de notre Occident , allèrentsabattre vers lOrient, sur les diverses contrées brillaientencore quelques restes de l'ancienne civilisation grecque ouarabe.

Ce fut sur des chrétiens mêmes que les croisés, conduits parPierre lIIermite, firent le premier essai de leurs armes. EnHongrie et en Bulgarie , ils débutèrent par des brigandages.Aussi furent-ils presque tous exterminés.

D'autres, au nombre de deux cent mille, arrivés sans chefjusqu'à Constantinople , pénétrèrent dans lAsie Mineure, et cepays devint leur tombeau. Comme les premiers croisés détrui-saient tout sur leur passage, les populations entières, turques,grecques, arabes, juives, syriaques, se soulevaient en massecontre eux.

II est évident quà partir de l'époque lon commença àredouter les invasions, le pillage, les luttes sanglantes et toutesles calamités de la guerre, on s'occupa moins, chez les Arabes etles autres Orientaux, d'élever le niveau des études, détendreles limites des sciences , de perfectionner tous les arts degoût, délégance et dimagination. On songea avant tout àse mettre à labri des dangers et des maux dont on était perpé-tuellement menacé. Les Turcs qui, d'ailleurs, une fois établis,embrassaient l'islamisme, causaient moins de terreur que lescroisés. On soccupa, de préférence alors, de létude desmoyens de guerre que la science pouvait fournir. Cest à cetteépoque que le feu grégeois , depuis si longtemps connu et eni-