ASTRONOMIQUES.de dévoiler ici les preuves fur lesquelles est fondé le vraifysteme du Monde, & de désigner enfin les principalestoutes par où l’on est parvenu à frayer le chemin descieux.
Je dis premierement qu’en quelque lieu que l’on placele Soleil, il faut nécessairement reconnoître qu’il est ren-fermé dansl’orbite de Venus: en voici la preuve. Venusnous paroît passer tantôt derriere le Soleil, & tantôt entrele Soleil & la Terre. Elle passe derriere le Soleil lorsquevers le tems de fa conjonction, quand elle nous paroîtfort proche de ce Corps lumineux, on l’apperçoit pleineou parfaitement ronde , fa lumière étant également vivede toute part. Qu’on fe rappelle ici ce qui a été dé j a ditde cette Planète, qui est un Corps opaque aussi-bien quetoutes les autres. Elle ne reçoit d’autre lumière que celledu Soleil qui l’éclaire d’un côté , pendant que sonhemifphere opposé au Soleil demeure dans les ténèbres& dans l’obfcurité. II est donc évident que toutes les foisque Venus nous paroît pleine ou parfaitement ronde,la surface ou la moitié de cette Planète que nous apper-cevons, est précisément la même qui est tournée vers leSoleil ; &. qu’ainíì Venus est à notre égard bien au-delà duSoleil. Soit, par exemple, le Soleil en S, la Terre en T,& Venus en Fou V, il est aisé de voir que dans ce casVenus nous paroîtra de la surface de la Terre, exacte-ment ronde, puisque c’est le tems qu’elle parcourt réel-lement la partie de son orbite, qui est au-delà du Soleil.Au contraire, lorsque dans ses conjonctions au Soleil elledisparoîtra tout-à-fait , ou qu’on ne la verra seulementque comme un croissant fort mince ( tel que celui de laLune, le premier ou le dernier jour de chaque lunaison)nous devons en conclurre que cette Planète est alors entrela Terre & le Soleil ; car son hémisphère éclairé n’estplus tourné vers nous, Venus étant alors au point G de
Eij
Preuve dumouvementdes Planètes ;le Soleil fetrouve renfer-mé dans lezirorbite.
PlancheI;Figure xi.