ASTRONOMIQUES. i 99
Mais pour mieux faire entendre cette théorie desEclipses , il faut auparavant rechercher ici les véritablesgrandeurs des cônes formés par l’ombre de la Terre &de la Lune. C’est ce que nous nous proposons de dé-tailler , lorsque nous aurons établi quelques suppositionsou demandes nécessaires pour y parvenir.
Je suppose donc que deux lignes droites , ou deuxrayons qui partent du centre du Soleil, ôc qui aboutissentà différens points de la surface de la Terre, soient regar-,dés comme deux lignes exactement parallèles. Car deuxlignes font censées parallèles lorsqu’elles ne peuvent serencontrer qu’à une distance infinie. Or la distance de laTerre au Soleil est si grande par rapport aux plus grandsintervalles donnés des deux lignes dont nous venons deparler ; cette distance, dis-je , est si grande par rapport audiamètre de la Terre, que ce diamètre ne peut être re-garde que comme un point en comparaison d’un éloigne-ment aussi considérable. C’est aussi ce dont tous les As-tronomes conviennent aujourd’hui, puisque selon le cal-cul de leurs observations, le diamètre de la Terre vu duSoleil paroîtroit fous un angle si petit, qu’à peine peut-ilêtre sensible à l’oeil. Ainsi la Terre n’est vue du Soleil quecomme un point imperceptible ; & en vertu de cettedistance presqu’immense, toutes les lignes tirées du cen-tre du Soleil à la surface de la Terre sont censées, non pasgéométriquement , mais du moins physiquement pa-rallèles. Cette supposition paroît d’autant plus légitimequ’on sçait (bailleurs ( Euclide , liv. i. Prap. 29. ) que lorsiqu’une ligne droite tombe sur deux autres 6c forme lesdeux angles intérieurs égaux à deux droits, ces lignes sontpour lors parallèles entre elles. Or supposons que le dia-mètre de la Terre soit représenté par la ligne AB, ôc quele centre du Soleil soit en C, si l’on tire les deux lignesAC, BC , les trois angles A , B, C, du triangle sont
Les lignes ti-rées du centredu Soleil à lasurface de laTerre doiventêtre regardéescomme fensi-blementparal-leles.
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Fig. 7.