A S T R O N O M I Q U E S. 215
les centres de la Terre & du Soleil lui soit perpendicu-laire : il est clair que ce plan formera à la surface de laTerre un cercle qui séparera riiémisphere éclairé d’aveccelui qui est dans sombre. Or c'est précisément le cercleque nous avons nommé ci-destus le Terme de la lumièreôc de sombre. Qu’il nous soit donc permis de l’appelleractuellement le Disque de la Terre , puisqu’aussi-bien c’est leplan qui seroit directement exposé à sœîl de l’Observa-teur situé dans la Lune * au moment de fa conjonction auSoleil , c’est-à-dire quand elle se trouve dans la lignedroite qui joint les centres de la Terre 8c du Soleil. Onconçoit assez Tailleurs comment l’Equateur terrestre , sesparallèles, ses deux Foles 8c tous les autres points de lasurface de la Terre , doivent être projettés fur ce plan, 8cson doit regarder enfin comme parallèles toutes les lignesdroites ou rayons qui partent du centre du Soleil 6c quise terminent à la surface de la Terre : mais aussi puisque laligne droite qui joint les centres de la Terre 8c du Soleilest exactement perpendiculaire au plan du disque , il suitque toutes les autres lignes tirées du centre du Soleil àquelque point que ce soit de la surface delaTerre, se-ront par conséquent perpendiculaires au même plan. Deplus à cause de la rotation ou du mouvement diurne de laTerre autour de son axe, toutes les Régions de la Terre,
* Cette maniéré de considérer les Eclipses au tems des Nouvelles Lunes com-me des Eclipses de Terre a été inventée par Kepler Sc mise successivement enpratique par BouiUatid , Wrten , Cajsmi , tìalleï , Flamsteed & de la Hire. Voyezfùr-tout le iv. Chapitre du quatrième Livre de rAstronomie Philolaique , pubiiéepar Bouillaud en 164s , où l’on prétend que dans l’ancienne maniéré de cal-culer les Eclipses du Soleil, le calcul est si long & si pénible à cause des paral-laxes qui changent à chaque instant, qu’on a bien de la peine à se résoudre à l’en-treprendre, d’autant qu’il s’agit d’un travail plein d’ennui & fort ingrat ; au lieuqu’en traitant ces Eclipses comme des Eclipses de Terre-otr évite la Parallaxe,comme il arrive aux Eclipses de Lune. En effet dans ces dernieres la Parallaxede l’ombre à mesure qu’elle varie, étant toujours la même que celle de la Lune ,celle-ci ne fçauroit donc causer d’embarras ni d’obítacles, & c’est ce qui fait que dé-routes les régions de la Terre d’où l’on apperçoit la Lune , l’Ecliple paroi t pré-cisément de la mème grandeur. II en doit donc être de méme des Eclipses deTerre, si l’on suppose pour un moment que l’œil du Spectateur qui les observesbitplacé dans la Lune.
Le disque deTerre.
Projectionorthographi-que faite fur ledisque.