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On dit quelquefois Conjuration, au pluriel,dans le sens De prière. Employer les prières,les conjurations.
CONJURER, v. û. Prier instamment. Je vousconjure Je faire cela. Faites cela, je vous enconjure, je vous conjure. On y ajoute la consi-dération des choses saintes f ou de celles qui sontles plus chères à celui que l’on prie. Je vousconjure au nom Je Dieu. Il le conjura par toutce qu'il avoit Je plus, cher au monde, par Va-mour Je la Patrie, par le souvenir Je. . ..
Il signifie aussi Exorciser, se servir de cer-taines prières pour chasser les démons. Conju-rer le Diable. Esprit immonde , je te conjurepar h sacré nom Je Dieu.
Conjurer , se dit aussi, en parlant De lasuperstition de ceux qui croient que par desparoles ils peuvent chasser les maladies, latempête, les serpens. Des qens qui prétendentavoir le secret de conjurer la fièvre, Je conju-rer les orages.
On dit figurément, Conjw'a' la tempête,pour dire , Détourner par prudence , paradresse, un malheur dont on est menacé. Ceprince,voyant une armée Je cinquante millehommes prête à entrer dans ses Etais, trouvamoyen Je conjurer la tempête.
Conjurer, signifie aussi, Former un com-plot avec une ou plusieurs personnes, contrel’Etat ou contre le Prince. Catilina conjuracontre la République . Cinna conjura contreAuguste . Et daus celte acception il s’emploiesouvent absolument. César étoit toujours prêta conjurer:
On dit aussi, Conjuret contre quelqu’un ,pour dire, Agir de concert avec d’autres contreles intérêts de quelqu’un. Il s’emploie aussiavec le régime direct. Conjurer la ruine de sapatrie.
On dit pareillement d’Une personne seulequi à formé un mauvais dessein contre quelquepersonne particulière, Il semble que cet homme-là ait conjuré votre pei'te.
Conjure , èe. participe.
Il est quelquefois substantif ; et l’on appelleLes Conjurés, Ceux qui sont entrés dans uneconjuration. On se saisit des Conjurés. C’estun des Conjurés. Il n’est guère d'usage qu’aupluriel.
CONNÉTABLE, s. m. On appeloit ainsi enFrance le premier Officier militaire de la Cou-ronne, qui avoit le commandement général desarmées. Le Connétable de France . La ChargeJe Connétable. Le Roi le fit Connétable, lui adonne Vepee de Connétable.
Connétable , est aussi Un titre de dignitéqui se donne en d autres Royaumes à quelquespersonnes de qualité, dans la maison desquellesil est héréditaire. Ainsi en Espagne il y a unConnétable de Castille* un Connétable de Na-varre. Et a Rome, l’aîné de la Maison Colonnes’appelle Le Connétable , comme étant Conné-table héréditaire du Royaume de Naples ..
Connétable, est aussi substantif féminin,lorsqu’on parle De la femme dun Connétable.Madame lu Connétable.
CON
CONNÉTABLIE. s. f. La Juridiction desMaréchaux de France sur les gens de guerre,et sur ce qui regarde la guerre, tant au civilqu'au criminel. Le Siège de la Connétablie està Paris . Lieutenant de la Connétablie. Archerde la Connétablie.
Connétablie , se dit aussi De la Juridictiondes Maréchaux de France, pour les affaires quiregardent le point d’honneur. La Connétabliese tient chez le Doyen des Maréchaux JeFrance , comme représentant le Connétable.
CONNEXE, adj. des 2 genres. Terme dePalais, qui se dit Des choses qui ont une cer-taine liaison les unes avec les autres. Affaires ,matières connexes.
CONNEXION, s. f. Liaison que de cer-taines choses ont les unes avec les autres. Onne voit pas la connexion de ces deux idées, deces deux propositions. Il 11’existe aucune con-nexion entr'e ces principes , ni entre les consé-quences qu’on en tire.
CONNEXITE , s. f. Rapport, liaison aperçueentre deux objets, entre deux idées. Il y a unegrande connexité entre la Morale et la Juris-prudence.
CONNIL. s. m. Lapin. En cette ile-là il y aforce connils , lièvres, etc. U est vieux.
CONNILLER, v. n. Chercher des subter-fuges et des ruses pour esquiver, soit dans ladispute, soit dans un procès. Il ne répond pasdirectement, il ne procède pas franchement, üne fait que conniïler. Il est populaire.
CONNIVENCE, s. f. Complicité par tolé-lance et dissimulation d’un mal qu’on doit 011qu’on peut empêcher. Connivence manifeste.La connivence du Magistrat, des Juges. Laconnivence du père a été cause du désordre deses enfans. Agir de connivence.
U se prend aussi quelquefois pour Com-plicité. Ils étoient de connivence ensemblepour, etc.
CONNIVER. v. ir. Participer, en dissimu-lant, à un mal qu’on peut et qu’on doit empê-cher. 'Un magistrat qui'connive aux concussionsd'un Greffier, d’un Procureur• qui conniveavec un Greffier , un Procureur. Il ne voulutpas se déclarer ouvertement , mais il connivoitavec lui. Un Trésorier et un Contrôleur quiconnivent ensemble. Un père qui connive auxdébauches de ses enfuis.
CONNOISSABLE. adj. des 3 genres. Quiest aisé à connoitre. U est fort changé , il n'estpas connoissable. Il n’est guère d’usage qu’avecla négative.
CONNOISSÀNCE. s. f. Idée, notion qu’ona de quelque chose, de quelque personne. Laconnaissance du bien et du mal. La connais-sance de Dieu . N’avoir aucune connaissanced’une affaire. Cela est de ma connoissance,de la connoissance de tout le monde. Cela estvenu à ma connoissance , Je n'en ai aucuneconnoissance.
Connoissance, se dit aussi De l’exercice decelte faculté par laquelle l’âme connoît et dis-tingue les objets ; et dans ce sens on dit, qu’t/uhomme a perdu toute connoissance j qu’il ri’a
CON
plus de sentiment ni de connoissance j qu'ils'est trouve mal, mais sanspei'Jre connoissance,’qu’un transpoi't au cerveau lui a ôté toute con-noissance j qu’il a eu 'connoissance jusqu’à lamort.
On dit, Prendre connoissance d’une chose .d'une affaire , pour dire, S’informer, vouloirsavoir ce que c’est. Il a voulu prendre connois-sance de cette affaire. Ce nest pas à vous àprendre connoissance de mes actions.
On dit, Parle}' en connoissance de cause ,agir avec connoissance de cause, pour dire >Parler et agir avec une entière connoissance dece que 1 on dit et de ce que l’on fait.
On dit, qu Un homme a une grande con-noissance des affaires, pour dire, qu’il s’entend'très-bien en affaires; et qu’il a grande con-noissance des tableaux, des pierreries, pourdire, qu’il se connoît bien en tableaux, enpierreries.
On dit aussi dans le même sens, qu’Unhomme a une grande connoissance des livres ;et on dit, qu’Jl a une grande connoissance del’Histoire, pour dire, qu’il sait très-bien ITIiS',toire.
Connoissance, signifie aussi, L’habitude,liaison, relation qu’on a avec quelqu’un. Cethomme est-il de votre connoissance? À causede notre ancienne connoissance.
Il se dit aussi Des personnes avec lesquelleson a des liaisons ou des relations. Faire denouvelles connoiss,anccs. On doit préférer sesamis à ses connaissances. Il n'est pas mon ami >il n'est que ma connoissance. Je n’ai aucuneconnoissance auprès de ce Juge-là. Je vousdonnerai toutes mes connoissaiices.
On dit, Il ny avoit personne de connois-sance à la promenade, au spectacle, etc. pourdire, qu’il 11’y avoit aucune de ces personnesqui sont généralement connues dans le monde.
On dit sans article, Faire connoissance avecquelqu’un, et avec l’article, Faire la connais -sance de quelqu’un. Il a fait connoissance avecun Savant. Il a fait la connoissance d'ungrand Littérateur .
On appelle Pays de connoissance, Un liai,une maison où l’on connoît ceux qui y sont, etoù l’on est connu ; et dans ce sens, en parlantfigurément des compagnies où Ton trouve despersonnes que Ton connoît, des livres et deslangue;.qu’on entend, on Idit, qu’On est enpays de connoissance. Quand il entra da?is cettemaison, il fut ravi de se trouva' en pays deconnoissance. Il se trouve en pays de connois-sance dans toutes les Bibliothèques. À présentque vous parlez une Langue que j'entends, jesuis en pays de connoissance.
On dit, <puUn homme a bien des connoîs-sances, de grandes connaissances, de profondesconnaissances, pour dire, qu II sait beaucoup,qu’il possède beaucoup de sciences.
Connoissances , se dit aussi en termes deChasse, pour Certaines marques imprimées parle pied de la bête qu’on chasse, et auxquelleson reconnoît Tâge et la grosseur de cette bête.GONJfOISSEMENT. s* m. Terme du Coin-