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Tome premier. A - K.
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crêpe, mais qui est beaucoup plus épaisse. Cré-pon de laine. Crépon de soie. Habit de ci'épon.Manteau de crépon. Crépon de Castres .

CRÉPU, US. adj. Crêpé, fort frisé. LesNègres ont les cheveux crépus. Il ne se dit guèreque Des cheveux.

CRÉPUSCULE, s. m. Lumière qui resteaprès le Soleil couché jusqu’à ce que la nuit soitentièrement fermée. Il y avoit encore un peu decrépuscule. Les crépuscules d’été sont plus longsen France qu’en Italie .

Il signifie aussi Le temps qui est depuis lafia de la nuit jusqu’au lever du Soleil. Le cré-puscule du matin.

CRÉQUÏER. s. m. Prunier sauvage. U estresté terme de Blason. Le créquier en Blason ,ressemble à un chandelier à sept branches.

CRESSON, s. m. Sorte d’herbe antiscorbu-tique qui croît dans les eaux vives, et qu’onmange ordinairement crue. Cresson de ruisseau,de fontaine.

On cultive aussi du cresson dans les jardins.Cresson alénois. Cresson frisé. Cresson sauvage.Cresson à feuille d’oseille.

CRESSONNIÈRE, s. fém. Lieu où croît lecresson. Si vous voulez trouver du cresson , ily a une cressonnière en tel endroit.

CRÈTE , s. fém. Certain morceau de chairrouge et ordinairement dentelé, qui vient surla tête des coqs et des poules, et de quelquesautres oiseaux qui approchent de cette espèce.Belle crête. Grosse crcte. Double crête. Crêtependante. Ce coq a la crête droite. Il baisse lacrête. Un pâté f un potage avec des. crêtesde coq.

Il se prend quelquefois pour la hupe quequelques oiseaux ont sur la tête. La crête d’unealouette.

On appelle aussi Crête , Celte partie relevéequi se trouve sur la tête de quelques serpens.

Crête, se dit aussi De cette rangée d’arêtesque quelques poissons ont vers la tête.

On appelle Crête de morue , Un certain en-droit du dos de la morue vers la tête.

On appelle aussi Crête , Le haut de la terrequi est relevée sur le bord des fossés dans leschamps. La crête d’un fossé.

Il se dit aussi De la partie la plus élevée d’unemontagne, d’un rocher. Il na pu monter jus-qu’à la crête du rocher.

Crête , signifie encore Une pièce de ferélevée en forme de crête sur un habillement detête. La crête d’un morion f d’un armet , d’uncasque.

On dit figurément et familièrement, Leverla crête , pour dire, S’enorgueillir, s’en faireaccroire. Il commence à lever la crête et à Vouloirfaire Ventendu.

On dit aussi, Baisser la crête, pour dire,Perdre de son orgueil, de sa vigueur, de sesforces.

On dit encore]figurément et familièrement,Rabaisser la crête à quelqu’un, lui donner surla crête, pour dire, Rabattre l’orgueil de quel-qu’un , le mortifier.

CRÊTE-DE-COQ. s. f. Espèce de pédiculaire

GRE

très-commune dans les prés. Voy. Pédiculaire.

CRÊTÉ , EE. participe du verbe Créter,qui n’est point en usage. Un coq bien crêté,

CRETONNE, s. f. Sorte de toile blanche.Des chemises de cretonne.

CREVAILLE, s. f. Repas où Von se piquede manger avec excès, et comme pour se crever.Il est populaire.

CREVASSE, s. f. Fente qui se fait à unechose qui s’entrouvre ou qui se crève. Il yavoit une crevasse à la muraille. La grandesécheresse fait des crevasses à la terre. Avoirdes crevasses aux pieds, aux mains . Il n’estguère d’usage que dans ces sortes de phrases.

CREVASSER, v. a. Faire des crevasses. Lefroid lui a crevassé les mains. La trop grandesécheresse fait crevasser la terre.

Il s’emploie aussi avec le pronom personnel.Cette muraille commence à se crevasser.

Crevassé, ée. participe.

CRÈ VE-COEUR, s. m. Granddéplaisir, grandedouleur mêlée de dépit. Quel crève-cœur! C’estun grand crève-cœur de voir... Il est familier.

CREVER, v. a. Faire éclater, rompre, fairerompre avec un effort violent. Le débordementdes eaux a crevé la digue. La pesanteur de laterre creva la muraille. La trop grande chargede poudre crèvera ce canon. Crever un sac àforce de le remplir. Crever une botte , un soulier ,un bas en se chaussant. Un gros poisson crevales filets. Crever le fiel d'un poisson en Pcven-Irant. Crever une vessie , une bubCy un apos-lume. Crever les yeux.

On dit, Crever un cheval, pour dire, Lefatiguer si fort qu’il en meure, ou qu’il en soitoutré.

On dit aussi, 5e creverde travail , de fatigue,pour dire, Travailler avec excès, s’outrer detravail.

On dit familièrement, qu’Une chose ci'èveles yeux y Quand elle est en vue, et que néan-moins on ne la voit pas. Vous cherchez votregant, le voilà , il vous crève les yeux.

On dit, qu^Une chose crève le cœur y pourdire, qu’EIle cause une grande compassion mêléequelquefois d'horreur. Ce spectacle me creva lecœur.

On dit proverbialement dans le même sens,Crever le cœur à quelqu'un. J’étois fort en colèrecontre lui , mais il me creva le cœur par lesexcuses qu’il me fit.

CnEVER, signifie aussi figurément et faxni-lièsement, Soûler. îl les a’eva de bonne chère.Je ne s<aurois plus manger , voulez-vous mecrever ?

Il se dit aussi avec le pronom personnel. Se'crever de boire et de manger.

On dit aussi absolument, Se crever y pourdire, Boire et manger avec excès.

Crever, v. n. S’ouvrir, se rompre par uneffort violent. Le canon creva dès le secondcoup. La bombe creva en Vair. La grenade luia crevé dans las mains. Son fusil lui creva à lachasse. Ce sac crèvera, si vous Vemplissez tant.La nue est près de crever. L’orage crèverabientôt. Çe tuyau est trop foible, il est à crairi .

CRE

dre qu’il ne crève. L’apostume , la bube n’estpas encore près de crever.

On dit par exagération, Crever de graisse.

On dit, Crever de chaud , pour dire, Avoirexcessivement chaud; et Crever de rire 3 pour,dire, Rire avec excès.

On dit figurément, Crever dans sa peau 9crever dans ses panneaux , pour dire, Être grasà pleine peau, à ne plus tenir dans ses habits.

On dit aussi figurément, Crever de biens,pour dire, Regorger de biens.

On dit encore figurément, Crever d'orgueil ,de dépit, de ragCy d’envie, poux dire, Êtrerempli d’orgueil, de dépit, etc. Toutes cesphrases sont du style familier.

Crever, se prend aussi quelquefois pour,Mourir de quelque mort violente, ou simple-ment pour, Mourir ; et en ce sens il est fami-lier. Il avala du poison y et il en creva. C’estune médecine à faire crever un cheval.

Crevé , ée. participe.

On dit d’Un gros homme, d'une grossefemme , que C’est un gros crevé y une gj'ossecrevée. Manger comme un crevé. Ronfler commeun crevé. Rire comme un crevé. Il se dit parmépris ; et dans ces phrases il est substantif.

CREVETTE, s. f. Petite écrevisse de mer,qu’on nomme dans quelques endroits S ali-coque.

CREUSEMENT, s. m. Action de creuser.Peu usité.

CREUSER, v. a. Cavcr, rendre creux. Creu-ser la terre. Creuser une pierre. L’eau creusela pierre. Creuser un tronc cl’arh'e. Creuser leifondetnens d’une maison. Creuser, un puits.Creuser une carrière , etc.

U signifie figurément, Approfondir quelquechose, pénétrer bien avant dans quelque chose.Creuser un sujety une question.

Il se met aussi absolument et sans régime.Creuser en terre. Creuser sous terre . Creuserdix pieds en terre. Creuser bien avant. Creuserjusque sous les fondemens. On trouva un tré-sor en creusant. On trouva de l’eau à force decreuser.

On dit aussi, Creuser dans une matière ,dans une affaire. Personne n’avoit jamais tantcreusé dans cette science. Il a creusé jusqu'aufond de cette affaire .

On dit,, qu’Un hojnme s’est creusé le, cer-veau , pour dire, qu’il s’est donné beaucoup depeine, de fatigue à approfondir certaine ma-tière. Il s’est creusé le cerveau à çherchar. lapierre philosophale , la quadrature du cercle.

On dit aussi figurément, qu’C/n hommecreuse son tombeau 3 qu'il se creuse son tom-beau y pour dire, qu’Un homme, passes excès,altère sa santé, qu’il se rend lui-même la causede sa mort

CREUSET, s. m. Vaisseau de lcrrc dans le-quel on fait fondre les métaux. Eprouver, épu-rer l’or et l’argent dans le creuset. Passer parle creuset.

On dit figurément , que La vertu d’unJiomme a été mise au creuset y pour dire, qu’Ellca passé par toutes sortes d épreuves.