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Tome premier. A - K.
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DET

Une louange délicate et fine, qui ne s’adressepas directement à la personne qu’on a inten-tion de louer.

DÉTRÀCTER. v. n. Mcdire, parler mal dequelqu’un. La chai'ité ne veut pas qu’on Ré-tracté de son prochain. On emploie aussi ce\ erbc activement.

DÉTRACTEUR, s. m. Qui m6dit, qui af-ffcrte do rabaisser les avantages de quelquun,la irxTlle de quelque chose. C est un détracteurd’Homère , des Anciens. Les détracteurs de laPhilosophie. Il ne faut pas écouter les détrac-

teins.

DÉTRACTION, s. f, Médisance. La Rétrac-tion contre le prochain est contraire à la cha-nte.

^ETRANGER, v. a. Terme de Jardinage.Chasser les animaux qui nuisent aux plantes.Il faut détranger les mulots.

Détrangé , ée. participe.

DÉTRAQUER, v. a. Faire perdre à un che-val ses bonnes allures, son allure ordinaire.Celui qui a monté ce cheval, Va tout détraqué.

Détraquer , se dit aussi en parlant d’Unemachiue, d’une montre, pour dire , La déré-gler, faire qu’elle n’aille plus comme elle doitaller.

Cn dit figurémenl, qu'l/n aliment Rétraquel’estomac, pour dire, qu’il dévoie l'estomac, cllempêche de faire ses louerions ordinaires.

Détraquer, se dit aussi figuréinent et fa-milièrement, pour dire. Détourner d’un trainde vie réglée, d'une occupation louable. Il nefaut qu'un mauvais Religieux pour détraquertoute une Communauté.

Détraquer, s’emploie aussi avec le pro-nom personnel ; et en ce sens on dit : Celte montre s& détraque. Sa machine sé détraque.

Détraqué , ée. participe.

DÉTREMPE, s. f. Terme de Peinture. Cou-leur délayée avec de l’eau et de la gomme, etdont on se sert pour peindre. La détrempes'efface aisément avec de Veau . Ce tableaunest pas peint cn huile , il n’est qu'en dé-trempe.

On appelle aussi Détrempe , Une peintureen détrempe.

On appelle proverbialement et familière-ment, Un mariage en détrempe , Un commerceeriminel, sous quelque apparence de mariage.

DÉTREMPER, v. a. Délayer dans quelqueliqueur. Détremper de la farine avec des œufs ,avec du lait. Détremper quelque chose dans duvin blanc. Détremper de la chaux. Détremperdes couleurs. Détrempe)' son vin dans beaucoupd'eau.

Détremper , signifie aussi, ùter la trempea de l’acier, en le faisant rougir au feu, et enle laissant refroidir peu à peu. Détremper deVacier. Détremper un couteau.

Détrempé , ée. participe.

‘DÉTRESSE. s. f. Angoisse, grande peined esprit, U S e dit aussi pour Une situation mal-heureuse, un embarras pressant, un péril immi-nent. Grande détresse. Être dans une grandeadresse, dans une fixtrême détresse.

TomcI.

DET

On ‘dit5 en tenues de Marine, Signal de dé-tresse, pour exjwimer Le signal qui annoncequ’un vaisseau est en danger et a besoin de se-cours. On le dit figurera, pour désigner Touteaction qui fait présumer qu’une personne estdans un embarras pressant. La vente.de sa terreest un signal de détresse.

DÉTRIMENT, s. m. Dommage,' préjudice.Grand détriment. Notable détriment. Cela va ,cela tourne au détriment du public. Causer,recevoir un n otable détriment. Cela va au dé-triment de sa bourse.

Détriment, en termes d’Histoire Naturelle,se prend pour Débris, fragment. Cette monta-gne est toute formée de détrimens de végétaux.

DÉTROIT, s. m. Lieu où la mer est serréeentre deux terres. Le Détroit de Gibraltar . LeDétroit de Magellan .

Il se dit aussi Des passages serrés entre lesmontagnes. Dans les Alpes il y a des détroits.Les détroits sont aisés à garder. Dans les dé-troits des montagnes.

Détroit, se dit aussi d'Une étendue de payssoumis à une Juridiction temporelle ou spiri-tuelle. Un Juge hors de son détroit. Ce motest peu en usage* on dit plus ordinairement ence sens, District..

DÉTROMPER, v. a. Désabuser, tirer d’er-reur. Vous avez une telle opinion, je veux■vous détrompa’. Je veux vous détromper decet homme-là. Il se fioii à ce fripon, fai eubien de la peine à Ven détromper.

Se détromper, v. pren. Sertir d'erreur, sedésabuser. Il a eu de la peine à s’en détrom-per, On se détrompe eu vieillissant. Détrom-j ez-vous.

Détrompé, ée. participe.

DÉTRÔNER, v. a. Chasser, déposséder duTronc. C’est ce qui fut cause qu’on détrôna lenouveau Prince. Ceux qui avoient le plus con-tribué à détrôner le Prince, furent les premiersà le rétablir, à le faire rappeler.

Détrôné, ée. participe.

DÉTROUSSER, v. a. Détacher ce qui étoîttroussé, et le laisser pendre en bas. Détrousserune robe.

Il se dit aussi en parlant Des personnesmêmes. Les Dames se détroussent pour entrerdarts les lieux qui demandent du respect.

Détrousser, signifie figurément, Voler,enlever par violence l’argent et les hardes dequelqu’un. Ce Marchand trouva des voleursqui le détroussèrent. On Va détroussé par leschemins. Détrousser les passans. Il est du stylefamilier.

Détroussé, ée. participe.

On dit, Faire visite en robe âêti’oussée ,pour dire, En cérémonie.

DÉTROUSSEUR, s. masc- Voleur qui dé-trousse les passans. Les détrousseurs furent pris.U est vieux.

DÉTRUIRE, v. a. Démolir, abattre, ruiner,renverser un édifice. Détruire un Pala.is, urieForteresse, une Eglise, etc. Le temps détruitles plus splides bdtimens. Le débordement de larivière a détruit son potager.

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11 se dit figurément de plusieurs choses. Lemauvais ordre détruit les familles , détruit lesmaisons. Le temps détruit toutes choses. L’ôgedétruit la beauté. Ce raisonnement détruittoutes les objections qu’on avoit faites. Toutesles Lleresies ont ele détruites ou condamnéespar les Pères et par les Conciles . Détruire unefaction. Dell uire la fortune de quelqu’un LesBarbares o?it détruit l'Empire Romain. Pour,prétendre à la sagesse , il faut détruire ses vices.

On dit, qu’On a détruit un homme dansVesprit de quelqu’un , pour dire, qu’On l’a dé-crédité entièrement auprès de quelqu’un.

Détruire, s’emploie avec le pronom per-sonnel au propre et au figuré. Ces bdtimens sedétruisent tous les jours, faute de réparations.Cette opinion se détruit d’cllc-même. C’est unfaux bruit qui s’est détruit de lui-même.

Détruit, ite. participe.

DETTE, s. f. Somme d’argent qu’on doit»Ancienne dette. Nouvelle dette. Petite dette.Grosse dette. Méchante dette. Contracter, créer ,faire des dettes. Payer, acquitter une dette ,des dettes. S’il se trouve insolvable , je per à)'aima dette.

On appelle Dette active , Une dette qu’on adroit d’exiger de quelqu’un ; Dette passive,Celle qu’on est obligé de payer Dette hypo-thécaire, Une dette hypothéquée sur une mai-son, sur une terre, sur une charge ; DcLte pri-vilégiée , Une dette pour laquelle on a un pri-vilège spécial ; et Dette exigible, Une dette quise peut exiger actuellement.

On appelle familièrement Dettes véreuses^Celles dont le payement est. Ibrt incertain.

On appelle, Dettes criardes, Les petitessommes qu’on doit à des Ouvriers, à des Mar-chands, et qui les font crier quand on ne le#paye pas.

On dit, qn’Ün homme est accablé de dettes ,perdu de dettes, abîmé de dettes, qu’il a desdettes par-dessus la tête, pour dire, qu’il abeaucoup plus de dettes que de bien. Et pro-verbialement : Qui épouse la veuve, épouse lesdettes. Cent ans de chagrin ne payent pas unsou de dettes.

On dit, Avouer une dette, avoua • la dette,pour dire, Avouer qu’on doit lu somme dent ilest question ; et, Nier une dette , désavouer, unedette, pour dire, Nier qu’on doive.

On dit figurément et familièrement, qu’Duhomme avoue la dette, confesse la dette , nie ladette , pour dire , qu’il confesse ou qu’il niequ’il a tort ; qu’il convient d’un fait qu’il von-loit cacher, ou qu’il le nie.

DE U,

DEUIU s. m. Affliction, tristesselonguedouleur. Quand leJîoi mourut, tous les peuplesen témoignèrent un grand deuil.

Il se prend aussi pouf L’habit noir, le crêpe,Scs carrosses drapés, la livrée des gens, la ten-ture des appartemens, et tout ce qui , A 1 exté-rieur , caractérise la tristesse à l’occasion de lamort d’un parent, ou de ceux dont on hérite,ou de quelque antre, comme Rois, Priiicos^