DE DeSPREAUX. 87par son testament presque tout son bienaux pauvres.
Son convoi fut suivi d’un grandnombre de personnes ; ce qui fit dire àune femme du peuple : II avoit donc biendes amis ? on ajfûre cependant qu il disoitdu mal de tout le monde.
Le reproche que lui faisoit cettefemme est celui dont on a le plus chargémémoire, & qu’il avoit le plus essuyéde son vivant. II a entrepris de se dis-culper dans le Discours qu’il a mis à latête de ses Satyres, & qui a pour objetde justifier la Satyre Littéraire. Milleéchos ont répété l’Apologie qu’il en afaite, & en même temps mille voix sesont élevées contre lui. C’est une ques-tion sur laquelle il sera toujours impos-sible d’accorder les Gens de Lettres,parce qu’on aura toujours affaire à lafois à deux genres d’amour-propre incon-ciliables , celui des Auteurs qui ne veutPoint être offensé, & celui des Criti-ques de profession , d’autant plus em-pressés à profiter de leurs avantages, queCe métier leur en offre de rrès-faciles.Lar il ne s auc p as s e le dissimuler ; laclasse des Ecrivains Satyriques trouveratoujours des motifs d’encouragement,