Band 
Tome premier.
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D E D E S P R É A V X. 89Nous sommes donc fort éloignés devouloir disputer avec aigreur, & cette res-source à la médiocrité, car il est juste quetout le monde vive ( \ ), & ce léger plaisirau Public, car il est juste que tout le mondeS amuse. Mais nous demanderons mo-destement & fans amertume, si dans lesPays où la Presse n'est pas libre , c’est-à-dire , où tous les rangs & tous les étatsne font pas indifféremment livrés à lacensure Sc au ridicule, il est plus justede laisser outrager un Ecrivain estimablequi honore fa Nation , qu un hommepuissant qui i’avilit j s’ii est nécesiaireque la Critique, dont personne ne con-teste futilité, foie dure & ostensantepour être profitable j si même la Satyre” â pas plus propre à décourager & àétouffer les talens, que la Critique à leséclairer Sc à les fortifier j si douze beauxV ers de Y Art Poétique de Despréauxue sont pas plus utiles aux progrès de1 Art, que ceux où les noms de Chape-

( 1 ) Nous sommes, comme l’on voir, plus in-‘julgens que feu M. leComted'Argenson , à qui1 Abbé Desfontaines difoit pour s’excuser de lesSaryrcs périodiques, il faut que je vive. Je n enVois pas i a nécejjité f lui répondit le Ministre.