ioo Éloge de l’Abbéquelques phrases trop négligées * & â'ymettre plus de style Le d’intérêt. MonDiscours , lui dit l’Abbé de Saint-Pierre,vous paraît donc bien médiocre ? Tantmieux j il m’en ressemblera davantage ;Sc il n’y changea rien. On lui repré-senta qu’il devoir au moins y mettreplus de temps, car il n’y avoir consacréque quatre heures de travail. Ces fortesde Discours 3 répondit-il, ne méritentpas j pour l’utilité dont ils font à V Etat 3plus de deux heures de temps ; j’y en aïmis quatre 3 & cela eft fort honnête.
Devenu Membre dune Compagniedont l’objet principal est la perfectiondu style , il ne se crut pas obligé pourcela de donner plus de soin à fa maniéréd’écrire ; il composa beaucoup d’Ou-vrages, dans lesquels uniquement oc-cupé du fond qu’il croyoit excellent, ilnégligeoit absolument la forme. Ce n’estpas qu’il n’en connût le prix, & qu’iln’en sentît même la néceffité pour seprocurer plus de Lecteurs : mais il ne secroyoit pas le talent d’orner ce qu’il avoirà dire i Sc il ne vouloir pas forcer la na-ture , craignant que les efforts inutilesqu’il feroit pour la dompter, ne fussentautant de momens perdus pour ses cheres