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Tome premier.
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i<54 Éloge de i’Abbéde l’homme vertueux est renfermée dansces deux mots , donner & pardonner (i).

Peu jaloux de plaire à ses Lecteurs,qu’il croyoit suffisamment payés parfutilité de ses Ouvrages, il n’étoit guereplus empressé de se rendre agréable dansles sociétés où il étoit admis ; il y por-toit peu d’agrémens & de ressources ;on l’y souffroir plutôt qu’on ne l’y re-cherchoit. S’appercevant un jour qu’ilétoit de trop dans un de ces cercles bril-lons que nous appelons bonne compa-gnie , & qui ne le font pas toujours ;je sens 3 dic-il , que je vous ennuie 3 &j’en fuis bien fâché • mais moi 3 je m’a-mufe fort à vous entendre 3 & je vous priede trouver bon que je continue.

S’il mettoit peu dans la société, ce

Ci) Dans la Lettre que nous avons impriméefur la mort de la respectable Madame Geofrin,quiavoir fort connu f Abbé de Saint-Pierre, nousavons déjà rapporté ce trait qu’elle aimoit à ré-péter , & dont elle avoir fait elíe-même la régléde fa conduite. Nous aurions donc pu nousdispenser de le rappeler ici. Mais ce trait est fitouchant, il caractérise si bien & fait tant aimerl'Abbé de Saint-Pierre , qu’en le supprimant non*aurions cru mutiler son Eloge. Plus on aimerabailleurs à pratiquer de telles maximes , moinson fera ennuyé dc les entendre redire.