200 Éloge de M. l’Abbégligé de vivre avec ses semblables. Jouis-sant de l’estime & de la confiance de cequ’il y avoir de plus grand dans leRoyaume, personne n’étoit de meilleurconseil que lui dans les affaires les plusimportantes. II gardoit inviolablementle secret des autres & le sien. Cependantson ame noble, délicate & honnête igno-roit la diffimulation, & sa prudence étoittrop éclairée pour ressembler à la fineífe.Doux & facile dans la société , maispréférant la vérité à tout, il ne dispu-toit jamais que lorsqu’il falloir la défen-dre j auísi le vif intérêt qu il montroitalors pour elle , avoir aux yeux du grandnombre un air d’opiniâtreté, qu’eile esttien moins sujette à trouver parmi leshommes, qu’une froide & coupable in-différence.
11 raffembloit chez lui , un jour dechaque semaine, plusieurs Gens de Let-tres distingués , & d’autres personnesrecommandables parleur mérite. Peut-être seroit-il à desirer, & c’éroit un desvœux littéraires de M. f Abbé de Dan-geau, que ces espèces d’aííociations do-mestiques 6cprivées, mais toujours sages& décentes, fuffent plus communes en-tre les Gens de Lettres. Elles auroient,