34 Apologie de François
pour obtenir qu’il l’agréât. Cette pré-caution avoit encore été expressémentrecommandée par l’Evêque de Noyon ;& ce Prélat, une année avant sa mort,eut occasion d’éprouver combien la pré-caution étoit sage & nécessaire. En1700 , l’Académie avoit dessein dedonner le sujet suivant : Que le Roi. possede dans un degré fi éminent toutesles vertus , qu’il ejl impojfible de jugerquelle ejl celle qui fait son principalcaraâere. Le Roi , tout aguerri qu’ilétoit à l’adulation , trouva , dit un cé-lébré Ecrivain , ce coup d’encensoir as-sommant , & défendit que le sujet fûtproposé. La Compagnie , craignantpresque autant ssavoir déplu au Mo-narque , que si elle l’avoit offensé ,prit le parti, par le conseil de M. deClermont-Tonnerre , d’adoucir un peul’éíoge de la maniéré suivante : Que leRoi réunit en sa p rsonne tant degrandes qualités , qu il ejl difficile dejuger quelle ejl celle qui fait son prin-cipal caraclere. Le Roi jugea la dosed’encens encore trop forte, quoiqu’onen eût ôté quelques grains; ensinsAca-démie & l'Evêque de Noyon , très-affligés de se voir si tristement éconduits