DE N E U T O N, 7Z
Quand vous aurez connu parfaitementtous ces angles, & toutes ces lignes Mathé-matiques , par lesquelles on fuit le cheminde la lumière jusqu’au fond de l’œil, necroyez pas pour cela savoir comment vousappercevez les grandeurs,les distances, lessituations des choses. Les proportions géo-métriques de ces angles &de ces lignes fontjustes, il est vrai; mais il n’y a pas plus derapport entr’elles & nos sensations, qu’en-tre le son que nous entendons & la gran-deur , la distance , la situation de la choseentendue. Par le son, mon oreille est frap-pée ; j'entends des tons & rien de plus. Parla vue , mon œil est ébranlé ; je vois descouleurs & rien de plus. Non-seulementles proportions de ces angles, & de ces li-gnes , ne peuvent en aucune maniéré êtrela cause immédiate du jugement que je for-me des objets ; mais en plusieurs cas cesproportions ne «'accordent point du toutavec la façon dont nous voyons' lës objets.
Par exemple , un homme vú à quatre pas,& à huit pas , est vu de même grandeur.Cependant l’image de cet homme, à huitE 5 pas,
Nul rap-port im-médiatentre lesrèglesd’opti-que &nos sen-sations,
Exem-ple enpreuve.