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Tome I.
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ÉLOGE

il vit bientôt que des hommes qui lecomposent, la plupart sans passions,sans vertus et sans vices, n’ont qu’unseul sentiment, la vanité plus ou moinsdéguisée. Mais il vit aussi que les hom-mes vains n’attachent tant de prix àdes choses indillérentes en elles-mêmes,que parce que les autres en sont pri-vés ; il vit que ce sentiment, à la loispuéril et cruel, blesse en secret, lorsmême qu’il fait rire ceux à qui la for-tune à refusé les avantages dont la va-nité se pare. M. Fontaine crut doncque la vanité ne méritait aucun égard,et il la traita sans pitié. On lui deman-dait un jour ce qu’il faisait dans lemonde , où il gardait souvent le si-lence comme ceux qui ne prononcentdes mots que lorsqu’ils ont des idées.J’observe , dit-il, la vanité des h ont'mes pour la blesser dans l’oecasion-Ce mot n’était pas en lui l’expressionde la méchanceté, c’est qu’il croyaitque choquer la vanité lorsqu’elle semontre, ce n’est que repousser une