DE M. DE LA CONDAMINE. 229
un de ses anciens maîtres, il sentitcju’il ne lui avait point encore pardon-né un châtiment injuste qu’il en avaitéprouvé cinquante ans auparavant.L’ame des enfants que la triste ha-bitude de l’oppression n’a point en-core flétrie, est profondément bles-sée de l’injustice : ce n’est qu’à forcede leur faire essuyer des caprices ,qu’on peut parvenir à étouffer en euxcette sensibilité si naturelle et si vivedans l’homme abandonné à lui-même.Si l’on prodiguait moins aux enfantsl’humiliation et les châtiments arbi-traires , on ne se plaindrait plus detrouver tant d’hommes dégradés,au point de ne plus sentir de la ser-vitude que les tristes avantages qu’elleprocure. Heureusement il J a desâmes d’une trempe assez forte pourqu’une-telle éducation ne puisse lesabattre ; et nous’ verrons que celle deM. de la Gondamine était de cenombre.
En sortant du collège, il suivit en