DE M. DE LA CONDAMINE. 231
lui. M. de la Coudamine avait cachéson épée sous son habit ; il marcheau revenant, le frappe, l’épée se brise.Le fantôme est un corps , s’écr ie-t-il en riant, il a cassé mon épée.Un cocher s’était ainsi déguisé pouréprouver jusqu’où irait le courage dujeune écolier. De pareilles épreuvestentées sur des enfants d’une imagi-nation vive et d’un caractère timide,ont eu quelquefois des suites fu-nestes.
En revenant du siège de Roses ,M. de la Coudamine avait encore laplus grande innocence de moeurs ,malgré les efforts de ses camaradesde collège et de garnison. II devaitune partie de cette innocence auxravages de la petite vérole : le chan-gement qu’elle avait fait sur sa figu-re, le frappa tellement qu’d n’osaitse flatter de plaire; et il avait encorele bonheur d’ignorer qu’on pût sepasser d’être aimé. C’est peut-être àcette circonstance de sa vie qu’il dut