376 ÉLOGE
du jardin du i’oi : on n’apprend pasmieux la botanique dans un jardinqu’on n’apprend l’histoire naturelledans un cabinet : mais la botaniquea un grand avantage sur l’histoire na-turelle : il n’y a point de pays qui nerenferme un assez grand nombre d’es-pèces de plantes pour suffire à cettepartie d’instruction qu’on ne peut re-cevoir qu’en observant la nature.
Dans ses promenades savantes ,M. de Jussieu enseignait à ses élèvesà reconnaître les plantes, malgré leschangements que leur fait éprouverla nature du terrain, malgré les ac<eidents qui les défigurent ; il leur ap-prenait à distinguer le sol qui con-vient à chacune. Souvent ses élèvesse permettaient avec lui des super-cheries qu’ils n’eussent osé risquersous un maître moins habile : ils luiprésentaient des plantes qu’ils avaientmutilées exprès, dont ils déguisaientles cai’actères, en y ajoutant des par-ties tirées d’autres plantes ; quelques