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Tome I.
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DE M. DE JUSSlEtT. 3 9^

que puisqu’ils s’adressaient à lui , ilsne voulaient que connaître la véiité,et il la leur disait toute entière ; maiss’ils se conformaient à ses vues , illeur en laissait tout l’honneur, per-suadé que souvent les hommes puis-sants craignent moins la vérité, quel’orgueil de ceux qui se vantent dela leur avoir dite.

L’espèce d’obscurité où M. de Jus-sieu semblait ensevelir son génie ,n’était l’efïèt ni de la paresse, ni del’indifférence pour la vérité , ni decette fausse modestie habile à cachersous le voile de la philosophie et dela paresse , la crainte de perdre uneréputation qui ne peut soutenir legrand jour; sa réserve tenait à unedéfiance sincère de lui-même, dé-fiance bien naturelle à un philosophequi n’avait jamais songé à comparersa science àcelle des autres botanistes,mais le petit nombre de ses connais-sances à l’immensité des objets de knature.