DE M. DE JUSSIEU. 4o3
cherchait, ne pouvaient être saisiesque par une longue et profonde mé-ditation sur le nombre immense desfaits que ses observations lui avaientfait connaître ; aussi le voyait-on pas-ser des journées entières dans son ca-binet, sans plantes, sans livres, sansautre secours que quelques papiersoù il avait jeté ses idées dont lui seulavait la clef ; il méditait dans lesrues, dans ses promenades , sur lesproblèmes qu’il s’était proposés : ilavait porté dans, une science d’obser-vation ces méditations profondesqu’on croit uniquement réservées auxsciences abstraites; et il était parvenuà éprouver dans l’étude de la bota-nique les plaisirs qu’elles donnent àl’aspect de la vérité.
Privé dans ses dernières années del’usage de ses yeux, ne pouvant pluslire ni presque même observer, il futtoujours également occupé; et c’étaitun spectacle nouveau que de voir unbotaniste n’avoir besoin pour travail-