DE FRANKLIN. 8 1
doute et à l’indifiérence. Son systèmede conduite était simple, il cherchaità écarter de lui la douleur et l’ennuipar la tempérance et. le travail : lebonheur y disait-il, comme les corps yse compose d’éléments insensibles.Sans dédaigner la gloire, il savaitmépriser les injustices de l’opinion,et, en jouissant de la reconnaissance,pardonner à l’envie.
Dans sa jeunesse, il avait porté lepyrrhonisme jusque sur les fonde-ments de la morale ; la bonté natu-relle de son cœur, la droiture de sonesprit étaient ses seuls guides, etils l’égarèrent rarement. Plus tard, ilreconnut qu’il existait une moralefondée sur la nature de l’homme,indépendante de toutes les opinionsspéculatives, antérieure à toutes lesconventions. Il pensait que nos âmesrecevaient dans une autre vie la ré-compense de leurs vertus et la puni-tion de leurs fautes ; il croyait à l’exis-tence d’un Dieu bienfaisant et juste,