Band 
Tome V.
Seite
172
JPEG-Download
 

ELOGE

172

que ceux qui aiment la religion puis-sent m’en faire un crime. Si la reli-gion a été établie pour le bonheurdes hommes, par un Dieu leur pèrecommun, certes, ce n’est pas elle quiallume des bûchers, et ordonne desmassacres.

Je dirai qu’il y avait des abus dansl’église ; mais comparez les mœursde notre clergé, ses lumières, l’or-dre qui règne dans l’exercice de sajuridiction, la morale qu’il enseigneau peuple, avec ce qu’était au seiziè-me siècle ce même clergé, et osezprétendre qu’il n’y avait point alorsd’abus à réformer.

L’Hôpital disait aux magistratsassemblés à Rouen: «Vous êtes les« juges du droit et non de la doctrine;« il nè s’agit pas de décider lequel est« le meilleur chrétien, mais de quel« côté est la justice.» On peut adres-ser ces mêmes paroles à l’historien*puisque les devoirs de l’historien sontlesqmêmes.