ELOGE
186
vint fournir un prétexte aux ennemisde l’Hôpital: on l’accuse d’avoir trahi
deux semestres , et créait des charges nou-velles. Des appointements fixes, payés parle gouvernement, devaient remplacer lesépices. La cour n’avait songé qu’à se pro-curer, par la vente des nouveaux offices,un secours momentané. L’Hôpital consentità cet édit, et se chargea même de le dresser.Il avait vu des juges rechercher, avec uneavidité scandaleuse, les affaires qui de-vaient produire des épices considérables ;d’autres, prolonger ou embrouiller les pro-cès , pour les rendre plus lucratifs 5 quel-ques-uns , abuser de leur crédit, pour s’ar-roger des épices énormes. Il crut que lepeuple gagnerait encore à la destructionde ces abus, si déshonorants pour la ma-gistrature, quand bien même il eût falluaugmenter un peu la dette nationale. S’ilse fût refusé à ce moyen, on en eût trouvéd’autres qui , peut - être , n’eussent étéqu’onéreux.
On prétendit alors que cet édit ouvraitla porte au pouvoir arbitraire, et qu’il suf-firait à la cour de séduire un semestre. Ce-pendant la cour eut à peine reçu le prix desnouvelles charges , qu’elle cessa de payer