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16 DES PIERRES NATURELLES.

pour filtrer, résistent parfaitement aux plus grands froids, tandis que certaines pierresdures et compactes, à cassure vitreuse, tombent en éclats.

« On se rend facilement compte de ce qui se passe dans ces diverses circonstances, enconsidérant que c’est moins la quantité d’eau contenue dans un corps solide, que la dis-position qu’elle peut y prendre, qui décide sa rupture. Quand elle peut se loger dans cequ’on nomme des fils, quelque imperceptibles qu’ils soient, elle agit comme coin danstoute leur étendue; mais, dans les pierres à tissu poreux ou cellulaire, il ne peut y avoiraucun ensemble dans les efforts de la dilatation; car elle s’effectue séparément danschaque interstice, et comme tous sont contigus, les efforts se contre-balancent : c’estainsi que, quel que soit le nombre des voûtes d’un pont, toutes les poussées se détruisentl’une par l’autre. Près des surfaces, ces efforts sont encore affaiblis par une légère trans-sudation, qui rejette hors de la pierre une très-petite partie de l’excès de volume dû à ladilatation ; cela tient à ce que cette dilatation commence à s’effectuer quand l’eau jouitencore de sa fluidité : aussi remarque-t-on que les pierres perméables se couvrentd’une mince enveloppe de glace à la suite d’un froid rigoureux. Quand la transsudationn’est pas libre, les surfaces s’effleurissent, et de proche en proche les corps tombent enpoussière jusqu’au centre. Au reste, ces effets sont sans cesse modifiés par le degré deténacité des corps. »

Classification des pierres.

Les lithologues ont établi diversès méthodes pour classifier les pierres. Cronsted lesa classées d’après leur composition chimique; Haiiy, d’après la forme naturelle d’agré-gation de leurs parties constituantes ; et quelques autres naturalistes ont pris pour basede classification les qualités apparentes ou physiques.

La plupart des constructeurs distribuent les pierres dont ils font usage, en troisclasses, savoir : les marbres, les pierres dures et les pierres tendres. Us désignent par lemot marbre toutes les pierres susceptibles de recevoir un beau poli. Ainsi ils compren-nent dans cette classe le basalte, le porphyre, la serpentine, le granité, que les litho-logucs placent au nombre des pierres composées ou roches, et enfin les pierres calcairessusceptibles d’être polies, qui sont les seules auxquelles les naturalistes donnent le nomde marbre.

Les pierres placées dans la classe des marbres, outre la propriété qu’elles ont de rece-voir un beau poli, qui est due à leur grande dureté, ont la plupart encore celle d’ètredisposées dans les carrières en de grandes masses qui donnent le moyen de former desblocs plus ou moins volumineux, suivant le besoin.

Les pierres que les constructeurs désignent par le nom de dures, ont cependant bienmoins de dureté que les marbres, et elles ont aussi moins d’homogénéité. Dans les car-rières, ccs pierres se trouvent ordinairement par lits ou bancs, dont l’épaisseur arriverarement à 2 pieds. Les bancs, ayant une très-petite adhérence entre eux, déterminentle maximum d’épaisseur des blocs, qui conséquemment devient très-bornée, ne pouvantexcéder celle de ccs bancs.

Les pierres tendres s’appellent ainsi parce qu’elles ont moins de dureté que les pré-cédentes; mais elles sont également disposées dans les carrières par bancs d’une médiocreépaisseur.

On distingue aisément les pierres dures d’avec les tendres, en ce que les premières nepeuvent se débiter qu’au moyen de la scie à l’eau et au grès : telles sont à Paris la pierrede liais et le cliquart; à Rome, la pierre traverline; à Venise , la pierre d’Istrie. Les