La Halle aux Blés mérite d’être examinée par rap-port à sa construction savante, à la légèreté de sesvoûtes en briques et en pierre, à la forme recherchéeet à l’appareil de ses deux escaliers; enfin par l’effetde son ensemble tant à l’extérieur qu’à l’intérieur.
Dans le mur extérieur de cette Halle, se trouve ac-tuellement engagée la belle colonne dont nous devonsla conservation à l’ami des arts que nous avons nomméplus haut. Elle est d’un ordre dorique, fort enrichi,et elle a 95 pieds de hauteur. Son intérieur renfermeun escalier qui conduit à une espèce d’observatoireétabli sur le chapiteau, et au-dessus duquel est unparatonnère. Ce curieux monument fut dit-on,bâti par J. Bullant, pour servir aux observations astro-nomiques de Catherine de Médicis . On peut raison-nablement douter de cette singulière destination etvoir dans cette colonne un témoignage de la douleurde la reine après la mort de Henri II . Les bas-reliefsqui ornent l’escalier, et dans lesquels on voit des C etdes H entrelacés, des miroirs cassés, et des lacs d’a-mour déchirés, pourraient appuyer notre conjecture.,A l’époque de la construction de la Halle, on apratiqué au bas de cette colonne une fontaine pu-blique ; et, dans le haut, on a tracé sur le fût un mé-ridien d’une exécution fort ingénieuse : il marque1 heure précise du soleil à chaque moment de la jour-née, et dans chaque saison. Il est de la compositiondu père Pingré, chanoine régulier de Sainte-Gene-viève, et membre de l’académie des sciences .
Les portiques voûtés de la Halle aux Blés ne pou-
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