frêle existence ; un souffle les renverse, et la modeen change l’aspect au moindre caprice. C’est là levice radical de tous les théâtres modernes; c’est cequi les rejette dans la classe des bâtiments vulgai-res, et les prive de ce caractère imposant qui sub-jugue notre imagination devant les restes du théâtred’Orange et des arènes de Nîmes . Qu’on ne s’étonnedonc pas si mettant peu d’intérêt à ces constructionséphémères, nous décrivons brièvement les salles despectacle de Paris , car ces fameux théâtres devrontleur célébrité bien plus au génie de nos grands auteursqu’aux talents de nos architectes.
Il est dansl’ordre de commencer par l’Opéra, puis-qu’il porte le titre d’Académie royale de Musique.
Les Académiciens chantaient et dansaient dans larue Mazarine en 167 x : dans la rue de Vaugirard, prèsdu Luxembourg , en 1672, et, l’année suivante, auPalais-Royal ; cette dernière salle qui occupait la partieméridionale de la cour des Fontaines fut incendiée en1763. L’Opéra fut alors établi auxTuileries. Une nou-velle salle élevée au Palais-Royal en 1770 par Moreau,sur les débris de l’ancienne, fut encore la proie desflammes le 8 juin 3781. Le 27 octobre de la mêmeannée, on fit à la porte Saint-Martin l’ouverture d’unesalle composée, bâtie et décorée par Lenoir, dans1 espace de soixante-quinze jours. Nous éprouvonsquelque honte à dire que, pour démontrer sa solidité,on y donna une représentation gratis , avant d’y ad-mettre le public payant.
L Opéra quitta ce théâtre pour occuper celui dont