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paysage, et ils commencèrent à regarder un peu autour d’eux. Hal-ler, Rousseau et Byron avaient chanté les lacs et les montagnes dela Suisse , la poésie indigène commençait à s’en inspirer, et les tou-ristes affluaient.
Les premiers essais de paysage alpestre révélèrent tout unmonde nouveau dont aucun modèle antérieur n’avait fixé dans l’artle caractère puissant et sauvage. On découvrit les mômes richessesimprévues dans les inspirations de l’histoire nationale, et le cyclede la peinture alpestre, une fois ouvert, arriva bientôt à la plus hauteexpression qu’il lui fût permis d’atteindre.
Mais le malheur de notre époque est de renfermer dans toutematurité définitivement constatée un germe de décadence. Noussommes au temps des évolutions rapides et bientôt passées. Il sem-ble que notre soleil, plus ardent, développe, mûrisse et dessècheavec l’intensité hâtive et presque artificielle du soleil du nord.
Le grand concours européen de 1855 n’a malheureusement pascontribué à relever la renommée de l’Ecole genevoise. L’éclat desproductions artistiques de l’Angleterre et de l’Allemagne , et avanttout la supériorité incontestable des paysagistes français a fait surnotre modeste exhibition l’effet du soleil sur un ver luisant. On eûtdit d’ailleurs qu’une certaine fatalité s’en mêlait. M. le consul suisse Barman , dans son rapport à la Confédération sur l’Exposition desBeaux-Arts, explique ainsi les vicissitudes dont nous avons été lesvictimes : « Si la presse française, dit-il, a produit sur les apprécia-« tions du jury quelque influence, elle n’a pas dû être favorable,
« car la critique a été peu bienveillante envers les exposants étran-« gers, et les Suisses n’ont pas fait exception ; cependant des ré-« dacteurs d’une grande autorité ont jugé nos principaux artistes« sans trop de défaveur.
« Il faut toutefois reconnaître que notre exposition aurait pu être« plus riche. MM. Hornung, Gleyre , Menn, Volmar et autres y« ont laissé un vide très-sensible. Quelques artistes n’ont presque