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affectation théâtrale. Delà une manière fausse et conventionnelle quimenaçait d’envahir F école genevoise et de la faire sortir peu à peudu naturel et du vrai. Les élèves môme des Calame et des Didayfurent les premiers à s’apercevoir de la fausse route qu’ils suivaient,et, désespérant d’en sortir, ils tournèrent alors les yeux vers l’ex-cellente école française qui, à part quelques affectations orientalesou flamandes, prend tous les jours davantage un caractère natio-nal ; et, en commençant à s’en inspirer, ils abandonnèrent les Alpes .La dernière exposition de Genève a prouvé que la révolution estpresque généralement accomplie. Calame et Diday sont restés aban-donnés par la plupart de leurs élèves au milieu de la nature sau-vage et sublime qu’ils ont seuls comprise.
Aussi est-ce le moment de faire une bonne fois l’oraison funèbrede la peinture alpestre. Mais en lui disant adieu, nous ne désespé-rons pas de l’école genevoise au point de vue de l’art, car ce qu’elleperd maintenant en nationalité, elle le regagne dans sa jeune géné-ration par un sentiment de la nature plus simple, plus intime etqula ramènera tôt ou tard dans sa voie originale.