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semble. Petitot peignait les tètes et les mains, et Bordier les che-veux, les vêtements et les accessoires. Lorsqu’ils arrivèrent en An-gleterre, Mayerne les accueillit, les présenta à Charles I er et leurcommuniqua ses découvertes. Petitot peignit la famille royale ens’inspirant des conseils de Van Dyck , et plus tard il accompagna laI r eine dans sa fuite en France . Louis XIV l’attira à sa cour, luilit une pension et lui donna un logement au Louvre. M. J.-J. Ri-gaud, auquel nous empruntons ces détails sur les anciens peintresgenevois, décrit ainsi, d’après l’opinion du fameux peintre surémail, M. Constantin , les procédés de Petitot :
« L’émail sur lequel il peignait était de l’émail dur ; cet émail" étant d’une fusion lente, et les couleurs avec lesquelles il pei—■ gnait étant plus tendres, elles entraient en fusion avant l’émail
du fond; les couleurs se gripaient alors sur l’émail, mais ne s’y11 internaient pas, ce qui fait qu’en inclinant ces peintures contre11 le jour, on voit tout le travail du pinceau. Par là il obtenait ces* détails si finis et si délicats que l’on admire dans ses ouvrages,11 le travail restant exactement tel que l’artiste l’avait fait. Il est« probable, toutefois, que ce procédé ne s’appliquait pas aux deux« premiers feux. »
Depuis Petitot, on s’est servi d’un émail d’une pâte plus tendrequi, entrant en fusion en même temps que les couleurs, leur per-met de s’y interner, fait disparaître ainsi le pointillé du pinceau etProduit l’illusion de la peinture à l’huile.
Jacques Thouron (1 ) eut de grands succès à Paris dans ce genrede peinture, et il y reçut le diplôme de peintre de Monsieur, quidevint plus tard Louis XVIII .
Ainsi donc, c’est à des peintres genevois qu’on doit les plusgrands perfectionnements de la peinture sur émail. C’est ce queuous sommes heureux de constater, à la gloire de notre patrie.