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La peinture alpestre / par William Reymond
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semble. Petitot peignait les tètes et les mains, et Bordier les che-veux, les vêtements et les accessoires. Lorsquils arrivèrent en An-gleterre, Mayerne les accueillit, les présenta à Charles I er et leurcommuniqua ses découvertes. Petitot peignit la famille royale ensinspirant des conseils de Van Dyck , et plus tard il accompagna laI r eine dans sa fuite en France . Louis XIV lattira à sa cour, luilit une pension et lui donna un logement au Louvre. M. J.-J. Ri-gaud, auquel nous empruntons ces détails sur les anciens peintresgenevois, décrit ainsi, daprès lopinion du fameux peintre surémail, M. Constantin , les procédés de Petitot :

« Lémail sur lequel il peignait était de lémail dur ; cet émail" étant dune fusion lente, et les couleurs avec lesquelles il pei gnait étant plus tendres, elles entraient en fusion avant lémail

du fond; les couleurs se gripaient alors sur lémail, mais ne sy11 internaient pas, ce qui fait quen inclinant ces peintures contre11 le jour, on voit tout le travail du pinceau. Par il obtenait ces* détails si finis et si délicats que lon admire dans ses ouvrages,11 le travail restant exactement tel que lartiste lavait fait. Il est« probable, toutefois, que ce procédé ne sappliquait pas aux deux« premiers feux. »

Depuis Petitot, on sest servi dun émail dune pâte plus tendrequi, entrant en fusion en même temps que les couleurs, leur per-met de sy interner, fait disparaître ainsi le pointillé du pinceau etProduit lillusion de la peinture à lhuile.

Jacques Thouron (1 ) eut de grands succès à Paris dans ce genrede peinture, et il y reçut le diplôme de peintre de Monsieur, quidevint plus tard Louis XVIII .

Ainsi donc, cest à des peintres genevois quon doit les plusgrands perfectionnements de la peinture sur émail. Cest ce queuous sommes heureux de constater, à la gloire de notre patrie.

(1) à Genève le 6 mars 1749, mort à Paris en 1788.