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La peinture alpestre / par William Reymond
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Àrlaud (1), le célèbre peintre en miniature, contribua aussi à lagloire de Genève . G. Brice, dans une description de Paris écriteen 1713, dit.* quaucun peintre en miniature ne pouvait lemportersur Arlaud. » On attribue au duc dOrléans un propos encore plusflatteur. « Jusquà présent, aurait dit le prince, les peintres en mi-h niature ont fait des images ; Arlaud leur a appris à faire des« portraits : sa miniature a toute la force de la peinture à lhuile. »Et les courtisans de renchérir-dessus, disant : a II lit jusquau« fond de nos âmes. »

Un des peintres de pastels les plus estimés du dix-huitièmesiècle fut Liotard (2), dont le talent spirituel et plein de grâce nous alégué une grande quantité de portraits des hommes illustres de sonépoque. Son pastel de Mme dEpinay, au musée de Genève , est unmodèle délégance, dexpression et de couleur. Il est encore aussifrais maintenant que pouvait lêtre Mme dEpinay à vingt-cinq ans.

Pour terminer l'énumération de ces peintres isolés, qui précédè-rent par leurs talents individuels la création définitive dune écolegenevoise , nous pouvons encore citer le plus original de tous, Jean Hubér (3). On connaît une feuille de lui gravée à leau-forte et quireprésente trente-cinq têtes de Voltaire , toutes sous des aspects dif-férents et toutes dune parfaite ressemblance. Une plaisanterie desa part, qui consistait à faire faire à son chien le profil de Voltaireen lui présentant à mordre une croûte de pain, lui valut presqueautant de célébrité que ses productions sérieuses. Il mit aussi à lamode lart de la découpure, dans lequel il excellait. Ses tableauxsérieux ont eu, en général, pour sujet des chasses, des chevaux,

(1) à Genève le 18 mai 1668, mort dans la même ville en juin1746.

(2) à Genève le 22 décembre 1702, mort dans la même vill een juin 1789.

(3) Ne à Genève le 13 février 1721, mort à Lausanne en 1786.