15
des chiens. Ce peintre, en faisant divorce avec la série interminablede peintres sur émail, de miniatures ou de portraits, ouvrait à sescompatriotes des échappées nouvelles, dont ils ne tardèrent pas àprofiter.
Jusqu’alors Genève n’avait pas encore d’école de peinture consti-tuée. Ce ne fut que vers la fin du siècle passé qu’elle vit se formerdans son sein la Société des Arts, fondée par une réunion de ma-gistrats, de professeurs et d’artistes. Cette société organisa uneEcole d’après l’antique et une académie, et commença à rassemblerune collection de tableaux et de statues qui fut le noyau primitif duMusée Rath. La première exposition de peinture et de sculpturequelle institua eut lieu en 1789. Elle contenait quarante-six ou-vrages, parmi lesquels on distinguait un tableau d’histoire, de "Vau-cher, quatre paysages de de la Rive, des marines de Gautier, unpastel de Liotard et un grand nombre de peintures sur émail, danslesquelles les artistes genevois excellaient surtout.
Depuis ce moment, les expositions se succédèrent régulièrement,et l’école genevoise fut définitivement constituée. Mais sa tendancenationale vers l’histoire suisse ou le pays alpestre ne se manifestapoint tout d’abord.
Saint-Ours, élève de Vien, était alors le premier peintre d’his-toire de Genève . En suivant les traces de son maître, il s’appliquaitconstamment à interpréter la nature avec simplicité et noblesse ; etil contribua ainsi à l’œuvre de régénération que David devait com-pléter.
En 1780, il remporta à Paris le grand prix de peinture pour sonEnlèvement des Sabines . Mais, étranger et protestant, il ne put ob-tenir la pension du roi pour aller étudier à Rome et dut faire levoyage à ses frais. Malheureusement, les sujets de ses tableaux,puisés presque tous dans les souvenirs de l’antiquité, ne nous per-mettent pas de le considérer comme un peintre national, dans lesens alpestre que nous donnons à ce mot. Son élève, Vauchor, sui-