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La peinture alpestre / par William Reymond
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vit avec distinction la même école et eut lhonneur de compter par-mi ses élèves Constantin et Hornung, deux des artistes de nos joursqui font le plus dhonneur à lécole.

Le passage de la tendance classique à la tendance nationale fut,comme dans le reste de lEurope , lœuvre de quelques hommesde talent qui y arrivèrent instinctivement (1). Dailleurs Rousseauavait indiqué sa voie à Genève , en linvitant à ladmiration de cettegrande nature suisse qui lentourait. De la Rive et, après lui,Wolfgang-Adam Topffer , père de lécrivain, comprirent toute larichesse de cette inspiration nouvelle. Ils commencèrent à repro-duire les rives des lacs, les mystérieuses retraites des vallées, oules fêtes pittoresques des villages suisses . Cest ainsi que fut fon-dée à Genève lécole alpestre ; mais pour comprendre son évolu-tion et sa marche historique, il faut suivre avec Rodolphe Tôpffei'les trois zones quelle a parcourues.

« Lon peut, dit R. Topffer , envisageant la nature alpestre aupoint de vue du paysage, y distinguer trois zones principales : labasse, la moyenne et la supérieure. La basse, qui comprend lesabords cultivés des gorges et le penchant des premières pentes,finit finissent les noyers. La moyenne, qui comprend de hautesvallées, des cols, et tantôt des vallons ouverts, tantôt des défilésétroits, finit finit toute végétation darbres et darbustes. Lasupérieure, chaos sublime de sommités chenues, de déserts ro-cheux, de cimes tantôt rases et gazonnées, tantôt couvertes débou-lis et sillonnées dabîmes, ici détrempées de neiges fondantes,hérissées de glaces rigides, crevassées, sonores et incessammenten travail denfanter les fleuves de la terre, finit commence leciel. »

(1) M. Gustave Planche a trop bien caractérisé ce mouvement dan 3son Salon de 1821 (Borne des Deux-Mondes), pour que nous ayonsbesoin dy revenir