vit avec distinction la même école et eut l’honneur de compter par-mi ses élèves Constantin et Hornung, deux des artistes de nos joursqui font le plus d’honneur à l’école.
Le passage de la tendance classique à la tendance nationale fut,comme dans le reste de l’Europe , l’œuvre de quelques hommesde talent qui y arrivèrent instinctivement (1). D’ailleurs Rousseauavait indiqué sa voie à Genève , en l’invitant à l’admiration de cettegrande nature suisse qui l’entourait. De la Rive et, après lui,Wolfgang-Adam Topffer , père de l’écrivain, comprirent toute larichesse de cette inspiration nouvelle. Ils commencèrent à repro-duire les rives des lacs, les mystérieuses retraites des vallées, oules fêtes pittoresques des villages suisses . C’est ainsi que fut fon-dée à Genève l’école alpestre ; mais pour comprendre son évolu-tion et sa marche historique, il faut suivre avec Rodolphe Tôpffei'les trois zones qu’elle a parcourues.
« L’on peut, dit R. Topffer , envisageant la nature alpestre aupoint de vue du paysage, y distinguer trois zones principales : labasse, la moyenne et la supérieure. La basse, qui comprend lesabords cultivés des gorges et le penchant des premières pentes,finit où finissent les noyers. La moyenne, qui comprend de hautesvallées, des cols, et tantôt des vallons ouverts, tantôt des défilésétroits, finit là où finit toute végétation d’arbres et d’arbustes. Lasupérieure, chaos sublime de sommités chenues, de déserts ro-cheux, de cimes tantôt rases et gazonnées, tantôt couvertes d’ébou-lis et sillonnées d’abîmes, ici détrempées de neiges fondantes, làhérissées de glaces rigides, crevassées, sonores et incessammenten travail d’enfanter les fleuves de la terre, finit où commence leciel. »