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Cependant une nature nouvelle était trouvée, nature exception-nelle peut-être, mais empreinte d’une beauté sévère et sublime, etdont l’école genevoise allait s’emparer comme d’une conquête na-tionale.
Depuis, - de la Rive ne remonta jamais à cette hauteur, il secontenta du paysage des plaines qu’il rendit dans le goût conven-tionnel qui régnait alors, mais relevé par un grand style et parune savante composition.
Wolfgang-Adam Tôpffer , père de l’écrivain, suivit de la Rivedans la même voie, sans partager cependant les mêmes tâtonnements-Il aborda franchement, avec esprit et originalité, la peinture desmœurs suisses ou savoyardes, et en fit une espèce de genre paysageque son penchant à la caricature rendait plus piquant. Une inépui-sable fécondité lui permit de répandre partout ses tableaux et sa ré-putation. En 1812, il obtint au salon de Paris la grande médailled’or décernée par l’empereur.
Il ne faisait pas un pas hors de chez lui sans découvrir des sujetsnouveaux de croquis spirituels et d’une ressemblance parfois com-promettante. Ces dessins, exposés ensuite chez les libraires, failli-rent lui attirer quelquefois des désagréments. Il eut même un jour acombattre une espèce d’émeute organisée contre lui par les fripièresde Genève qui ne pouvaient lui pardonner d’avoir si bien reproduitleurs ridicules. Ses paysages sont animés plutôt par une vivacitégracieuse de composition, que par un grand effet de couleur. Maison y reconnaît un sentiment exquis et naïf de la nature, sans aucunepréoccupation d’école ou de manière En rendant hommage au talentde son père, Rodolphe Tôpffer , l’auteur des Menus propos, caracté-rise ainsi ce genre tout original, qui pouvait passer pour une véri-table création : « Le fait est, dit-il, que, graveur premièrement, etaprès que sa jeunesse s’est écoulée à Lausanne d’abord, à Paris en-suite, c’est à l’âge de vingt-cinq ans que mon père, revenu dans sapatrie, s’y livre avec ardeur dans nos environs à l’étude du paysag®