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plus importante, ouvre à l’imagination de l’artiste un champ plusvaste et plus libre, tandis que le manque de lointain et la place dis-proportionnée occupée dans le tableau par les surfaces verticales desmontagnes, tend à laisser au ciel un trop petit espace et donne ainsià la peinture alpestre une monotonie presque insurmontable.
Si la peinture, comme nous le croyons, a pour but de nous don-ner les impressions de la nature, de nous présenter, dans un cadreétroit, des espaces parfois considérables à pressentir et à rêver, lareprésentation de la mer ou des plaines prêtera toujours beaucoupplus à l’imagination de l’artiste et du spectateur que celle d’un es-pace circonscrit et qui manque d’air. Sans doute, une cime qui seconfond avec les nuages, une échappée habilement ménagée entredeux rochers, un fond de vallée qui fuit dans la brume, sont autantde moyens dont nos peintres se servent pour agrandir leur horizon.Mais ajoutez à la difficulté du sujet l’uniformité de couleur de cesvastes coupoles de neige sur un ciel plus sombre, la morne verduredes sapins ou la nudité des hautes parois de granit qui, placées surles premiers plans, ont le défaut de rappeler les paysages à coulisse,et il faudra convenir que les effets de soleil les plus étourdissants,les cascades les plus tourmentées, les nuages les plus savammentaccidentés auront toutes les peines du monde à rompre l’éternellerépétition des mêmes objets.
La physionomie de nos montagnes est comme celle de leurs ha-bitants : c’est une figure mâle, énergique, empreinte souvent d’unsentiment profond et sérieux, parfois éclairée par une joie honnêteet naïve, mais sans finesse et sans arrière-pensée. Ce que l’œil ex-prime, il le sent, ce que la bouche dit, elle le pense; mais derrière,au fond, ni dans le regard, ni dans le sourire, il n’y a plus rien àpressentir, ni à deviner.
Bien différente est la physionomie cauteleuse, rusée et à doublefond de l’habitant des plaines. Certes, au moral, on aurait raisonde préférer la première ; mais que l’on compare, au point de vue