Buch 
La peinture alpestre / par William Reymond
Entstehung
Seite
23
JPEG-Download
 

23

Je lart, laustère et franche nature des Alpes , avec les bleus loin-tains, les replis séduisants, les massifs harmonieux, les contoursde rivières, les flaques deau réfléchissant un de ces ciels tels queClaude Lorain, Ruysdael ou Constable en ont peint, et lon sen-tira ici un charme intime qui attirera tout dabord, parce quil feratravailler davantage en nous limagination et la fantaisie. Il y adans le raccourci du paysage une poésie pleine de mystère que nosmontagnes nauront jamais. Pour les trouver sublimes et riches enpuissantes émotions, il faut les voir de prés et payer de quelquesfatigues les splendides beautés quelles nous dévoilent. La fraîcheurfortifiante de lair, le bruit des cloches des troupeaux, le roulementsourd des avalanches, sont autant de charmes inséparables du ca-ractère des hautes Alpes . Mais quon cherche à fixer sur la toileleurs formes hardies et les mille accidents de lumière qui semblentvarier à l'infini leur physionomie, tout le charme sefface et séva-pore sous les pinceaux de lartiste comme une fantastique appa-rition.

Néanmoins, M. Diday na pas craint daborder cette tâche im-mense, et quand il nen aurait saisi que le côté énergique et puis-sant, il faut avouer quil a su le rendre avec un rare bonheur. Tan-dis que les peintres genevois navaient osé gravir jusqu alors que lapremière zone de la nature alpestre et avaient abandonné aux en-lumineurs les rues des hautes cimes, M. Diday se demanda sil nyavait pas des sujets capables de linspirer.

Il marcha donc courageusement à la découverte de cette terrenouvelle, de ces hauteurs « vierges de pas humains, » et il en rap-porta des trésors détudes. Dépassant de beaucoup Wolfgang-Adam Topffer et de la Piive, il éleva le type et le caractère de la naturesuisse ; il la prit, non gracieuse et pittoresque, telle quelle soffredans les vallées aux yeux des touristes, mais sévère et terrible,telle que les pâtres et les chasseurs de chamois lavaient jusqua-lors contemplée. Cest-à-dire quil nen exprima pas seulement la