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et qui retrace ce moment du jour où le soleil, descendu sous l'horizonde la plaine, n éclairé plus que les hautes cimes des Alpes , M. C®'lame a placé les montagnes les plus élevées au-dessous de la lign emédiane, en laissant au ciel un plus grand espace qu a la terre. Üa fait ainsi d’un sujet alpestre un tableau presque italien.
Il est inutile de rappeler ici le souvenir de la IJandeck, desHautes Alpes après un orage, du Lac des Quatre-Cantons . Cestableaux sont connus partout, et la lithographie s’est chargée depuislongtemps de les populariser. Nous regrettons de ne pouvoir donnerune idée des Quatre Saisons et dê ce tableau récent du Mont-Blanc ,(qui, au dire des connaisseurs, a surpassé tout ce qui s’était fai*jusqu’alors dans notre peinture nationale. Malheureusement M. Ca*lame, surchargé de commandes, n’expose plus dans nos salons. Sesplus belles toiles, à peine terminées, s’envolent vers les pays loin'tains, et vont porter ailleurs des jouissances qui nous sont désormaispresque interdites.
On a reproché à M. Calame de faire valoir à l’infini son proprefonds. Pour nous, loin de l’en blâmer, rien ne nous paraît, au comtraire, plus naturel et plus légitime. Un artiste ne peut et ne doitexprimer qu’une certaine face de l’art, celle qui a constitué soncaractère original, et bienheureux celui qui y arrive ! Mais ensuit®sa tâche est remplie, et c’est à d’autres à nous révéler des horizonsnouveaux de l’inépuisable nature.
De la divergence de procédé des deux maîtres de l’école gene'voise sont sorties deux tendances bien distinctes, que leurs élèvesse sont chargés de pousser jusqu’à l’extrême.
M. Diday, à force de s’habituer aux effets étranges, accidentspresque fantastiques qu’il avait su dérober aux colères passagèi’ eSdes hautes Alpes, avait fini par se faire une nature à lui, dont I®
l’artiste l’a reproduit avec quelques modifications pour le Musée ^Neuchâtel .