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de Genève , ce serait nous répéter. Une publication très-remar-quable s’est chargée d’en populariser les travaux. C’est l'Albumde la Suisse romane, dont l’éditeur, M. Gruaz, a su rendre avec leplus grand effet, au moyen de nombreux perfectionnements dans lelavis lithographique, les belles compositions des peintres alpestres.Avec Diday, Calame et Guigon, on voit l’évolution se compléter.Les élèves de ces trois maîtres n’ont fait que les répéter, jusqu’aujour où ils ont compris qu’ils ne pouvaient plus les suivre.
Disons-lefranchement, en mettant de côté tout amour-propre. Neau milieu des Alpes , nous sommes accoutumé à regarder ces mas-ses sublimes comme les génies protecteurs de la patrie, et là oùnous cessons de les voir mêler aux nuages leurs crêtes neigeuses,l'horizon nous paraît désert et le mal du pays nous accable. Mais lagrandeur même de leur caractère nous semblait en exclure la re-présentation artistique. La peinture comme nous l’entendons nepeut rendre qu’un moment, qu’un épisode de la vie extérieure, ellepeut faire pressentir, au moyen de contrastes habilement ménagés,le caractère grandiose d’un paysage, mais il nous semblait qu’elledût renoncer à l’aborder de face et à lutter avec une nature quine doit sa beauté qu’à la grandeur même de ses aspects.
Mais il n 7 est rien de si élevé dans les arts qu’une intelligencecourageuse ne puisse atteindre. Nous l’avons vu, M. Calame nedésespère point de l’école alpestre. Il a foi dans l’avenir de cette mined’inspirations dont lui seul, peut-être, connaît toutes les richesses. Bpense, et ce sont ses propres paroles, que « l’à-peu-près facile »t fait son temps, que toute cette manière moderne n’est pas l’art,« et que pour être digne du nom d’artiste il faut retourner vers« des sentiers moins pratiqués, chercher plus haut, dans les diffe-« rentes zones de nos montagnes, un fdon nouveau qui développ 0« ce sentiment individuel si grandement faussé dans le champ tan 1« de fois retourné de la région des plaines. Déjà, ajoute M. Cala"„ me, un grand nombre de peintres allemands étudient la Suisse