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La peinture alpestre / par William Reymond
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tableau de La mort de Louis XIV, celui de Catherine de Médicis étendant la main sur la tête coupée de Coligny , ou sa dernièrecomposition, qui est devenue la propriété du marquis d’Adda, deMilan, et qui représente Catherine de Médicis entourée de sa cour,le lendemain de la Saint-Barthélemy .«Ce trait de curiosité féroce,»dit M. Mongeri, auquel on doit une excellente critique de ce derniertableau, « cette convoitise inouïe dans une femme, dans une mère,« d’aspirer à pleines narines l'odeur du sang, n’est pas une ingé-« nieuse fantaisie d’artiste, c’est un fait proclamé avec horreur par« tous les historiens de la Réforme, et non contredit par les écri-« vains catholiques les plus dévoués à la cour. Il suffit de consulter« les mémoires de Pierre de l’Etoile , du président de Thou, de Va-« rillas et de Simon Goulard , pour se convaincre de la réalité du fait« et des circonstances terribles ou obscènes qui l’accompagnèrent.»On sait les bruits qui couraient alors sur/le prince de Soubise, aupoint qu’il s’agissait d’annuler son mariage lorsqu’il fut tué en com-battant. Ce fait ne donne à M. Hornung que l’occasion de fairesourire quelques jolies figures de femmes, et de distraire ainsi d’unsujet trop sombre.

On comprend qu’un peintre animé constamment d’une penséehistorique aussi déterminée, et qui puisait toute son inspiration dansune foi vigoureuse, se soit attaché plutôt à l’expression des physio-nomies qu’à un mouvement dramatique tout extérieur. M. Hornunga fait le premier de la peinture religieuse sans faire des tableauxd’autel. Pour lui, l’idée religieuse n’est pas dans la légende dorée,dans la tradition des apothéoses ou de la Passion : elle est dansl’homme, dans sa libre pensée, dans son enthousiasme pour la vérité.C’est du protestantisme en peinture (1).

Aussi M. Hornung n’a pas la ligne idéale. Il se contente de l’i—

(l).Lessing, en Allemagne, et Robert Fleury, en France , ont suivila même tendance.