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Le réalisme seul ne réunit donc pas tous les éléments indispen-■ sables de l’art. Certes, la nature est toujours belle, et si nous pou-vions la rendre telle que nous la voyons, alors peut-être aurions-nous raison d’accepter tous ses caprices et de ne reculer devantaucune de ses apparences. Ainsi, quelque informe que fût le profitd’une montagne, la nudité d’une plaine, la rotondité d’un buisson,nous les reproduirions sans y rien changer, parce que la réalitéparfaite de l’imitation nous rendrait toute l’illusion du paysage.Mais heureusement il n’en est pas ainsi. Heureusement ! car alors cene serait plus notre impression que nous aurions rendue, et ledouble du paysage que nous aurions sous les yeux manqueraitde ce mouvement, de cette vie que notre imagination lui donne. Ilfaut qu'il y ait, dans le paysage même, quelque chose d’humain.C’est là précisément ce qui sauve l’imperfection dès moyens dontnous pouvons disposer. Nous suppléons à la faiblesse de l’imitationpar la concentration d’une pensée sur la toile.
Avouons-le, plusieurs des jeunes peintres de fécole genevoise semblent avoir l’intelligence complète de ces vérités. M. Menn, lepremier, etavecluiMftl.Castan, Duval, Dunant,Salzmann, Rischgitz,Gandon, DuBois, Humbert, Lugardon fds, promettent d’illustrerd’œuvres senties la nouvelle voie qu’ils se sont ouverte, à la condi-tion cependant qu’ils ne cherchent pas à rivaliser avec les paysa-gistes français.
Ils laissent derrière eux, au pied des Alpes , Diday et Calame,forts encore, fidèles à leurs vieilles amours et ne cessant pas d’es-pérer qu’un jour viendra où leurs iières et blanches montagnes atti-reront de nouveau les artistes de la patrie.
Un premier pas vient d’être fait dans le domaine de l’histoire parle plus illustre de nos peintres. M. Gleyre , en nous donnant la Mortdu major Davel, cette grande scène d’une composition si simple etd’un spiritualisme si puissant, a vivifié une de nos plus belles pagesnationales. 11 vient de nous en achever une autre, tirée des.
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