2 La Science des Ingénieurs
qui expliquent les qualitez des matériaux dont il faudra se servir >& la maniéré de les employer , l’on verra la nécessité d’être bie»instruit des sujets qui font l’objet des Chapitres suivans»
CHAPITRE premier.
Qu l'on - fait voir les propriété ^ des dijferentes fortes de Pierresdont on Je Jert pour bâtir.
L A Pierre tenant le premier rang parmi les matériaux que nousnous proposons de décrire, il convient de commencer par estexpliquer la nature, on en distingue de deux qualitez differentes *l’une dure & l’autre tendre, celle qui est dure est fans difficulté ldmeilleure, il s’en rencontre pourtant quelquefois de tendre qui ré-sisté mieux à la gelée que l’autre ; mais comme cela n’est pas ordi-naire, on ne doit pas y compter; car comme iës parties de la Pierre du-re ont leur pores plus condensez que celle de la tendre, elles doiventêtre capables d’une plus grande résistance, soit aux injures du teinsou au courant des Eaux dans les Edifices Aquatiques : mais poufbien connoître la nature de la Pierre, il est à propos de tendre rafison pourquoi celle qui est dure aussi-bien que la tendre est sujetteà la gelée qui la'fend & la fait tomber par éclat.
Dans l’aísemblage des parties qui composent la Pierre , il y a despores imperceptibles remplis d’eau & d’humidité, qui venant às’enfler dans le tems des gelées, fait effort dans ces pores pou*occuper en plus grand espace que celui où elle est reserrée , & laPierre ne pouvant résister à cet effort, se fend & tombe en défitraction ; ainsi plus la Pierre est composée de parties argilleuíë 5& grasses, & plus elle doit participer de Phumidité, & par confifiquent être sujette a la gelee.
Ce n’est pas seulement la gelée qui détruit la Pierre , on croîtque la Lune l’altere, ce qui peut arriver pour les Pierres d’un ecertaine espece, dont les rayons de la Lune peuvent dissoudre le sparties les moins compactes : en ce cas on pourroit croire que ce$rayons sont humides & que venant à s’introduire dans les pores de l 3Pierre, ils font cause de la séparation de ces parties, qui tombassinsensiblement en parcelles, la fait paroîrre moulinée ; il en fera adreste tout ce que l’on voudra ; mais ce qui me réjouit, c’est qd* 5si la Lune mange ou mouline les Pierres, la Terre qui doit être ust 6