L IV. VI. DE LA MAN í ERE D E FA I RE LES DEVIS. 457
sent, autant qu’il est possible à tout ce qui s’execute. Les maçon-neries fur tout demandent une presence actuelle, de même que lafaçon des mortiers, & le choix de remploi des pierres, il ne fautavoir fur cela aucune indulgence, les ouvriers se relâchent assez;d’ailleurs. On doit aussi avoir beaucoup de régularité dans ses regis-tres, dans la presse des attachemens, dans la distribution des té-moins, dans ^acceptation des matériaux, &: ne pas oublier de fixerla grosseur des bois avant que l’ouvrage se fasse, de crainte quel’Entrepreneur ne méfuse de la condescendance qu’on auroit de luilaisser employer à sa volonté, Le qu’il ne multiplie mal à propos lenombre de cent de solives j abus qui n’est pas moins grand , Le quisouvent n’est pas moins préjudiciable à l’ouvrage, que celui d’em-ployer des bois trop foibles j il en est de même des ferrures & deplusieurs autres choses, qu’il seroit trop long de détailler.
D’un autre coté il ne faut pas non plus être inquiet, ni vetillerfans sujets le bien du service veut que l’Entrepreneur s’execute , Lequ’il n’épargne rien pour la bonté des ouvrages, mais il veut aussique le même Entrepreneur trouve en travaillant bien, de quoi íe dé-dommager de ses frais & de ses peines. Si cependant il a fait un mau-vais marché, ou qu’il lui arrive dans le cours du travail des con-tre-tems fâcheux & inévitables, ce n’est point à l’Ingenieur à y en-trer , ^Entrepreneur a la voye de représentation à la Cour , commecela est arrivé plusieurs fois s Le quand il est bien fondé, il est com-me assuré de trouver dans la bonté du Roy de quoi l’indemniserde ses pertes. Mais qu’on s’embarasse peu d’ailleurs des tons plain-tifs qui font assez ordinaires à ces Messieurs. Un Ingénieur qui sçaitson métier, voit aisément ce qui est juste Se raisonnable à faire, Lepour peu qu’il prenne la peine d’entrer dans le détail de chaquechose, il connoît d’un coup d’œil à quoi il doit s’en tenir.
O11 demande s’il est plus avantageux de n’avoir à faire qit’à un.seulEntrepreneur général, quà plusieurs qui seroient chargés de dif-férentes especes d'ouvrages. L’un Le l’autre peut avoir lieu, commecela arrive quelquefois cependant il convient mieux qu’un seulen soit chargé , <k plusieurs raisons semblent autoriser mon senti-ment.
1°. Quand tout est réuni dans la même personne, le travail sefuit mieux , il lurvient moins de discussions Le de faux-fuyans.
Les intérêts du Roy ne périclitent pas tant, Le il est plus aiséde faire des recherches., fi le cas y échoit.
3°. L’Entrepreneur général trouve toujours lni-même des genssolvables ôc capables pour soutraiter avec lui j ôc enfin dans les disse-