INTRODUCTION
Le Théâtre est fait pour flatter, pour amuserles hommes : il n’y a point d’école où l’onapprenne si bien l’art de leur plaire etd’intéresser le cœur humain.
(J.-J. Rousseau, Emile, liv. iV.)
La France , par ses chefs-d’œuvre dramatiques, l’emportaitdepuis long-temps sur le reste de l’Europe ; elle n’avaitmême déjà plus rien à envier à l’antiquité, que les lieuxdestinés aux jeux scéniques y étaient encore fort rares, etqu’à Paris même on n’avait pas encore bâti un théâtre ,si l’on donne a ce mot le sens étendu qu’il doit avoir enarchitecture et qu’il avait chez les anciens. Nous n’avionsappliqué ce nom qu’au lieu élevé à l’assemblage de tré-teaux disposé dans une salle quelconque d’un hôtel, et surlequel l’acteur paraissait et où se passait la scène, de làaussi le nom de salle de comédie, qui a si long-temps pré-valu sur celui de théâtre, qui désigne tout l’édifice consacréaux spectateurs, comme aux acteurs et à tous les accessoires.
S’il fallut de grands efforts pour s’écarter du style gothi-que dans la construction de nos temples, il n’en fallut pasmoins sans doute, malgré les bons écrits sur cette matière,malgré les modèles de l’antiquité et même les simples no-tions du bon sens, pour abandonner la forme de jeu depaume ou de halle qu’avaient toutes nos salles de spectaclepour en venir aux formes modernes.
Ces formes sont celles des théâtres des Grecs , plus oumoins heureusement modifiées par les Romains, et beaucoupplus tard mises en harmonie avec notre climat, nos mœurset nos usages.
La fin du dix-huitième siècle vit le goût des spectacles se