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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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CO U DUE (MACHINE A).

vient est rotatif autour <Tiin axe horizontal, pour faci-liter son introduction dans la boucle du lil dfc laiguille.(Voir plus loin.)

M. Latour (France ) expose une machine très-com-pliquée pour coudre les doublures des chaussons, danslaquelle on se sert de la machine de Thimonnier , en yajoutant un mécanisme automoteur pour guider l'ou-vrage sous laiguille ; but que les premiers inventeursdes machines à coudre sétaient donné beaucoup demal à atteindre, et que lexpérience postérieure u dé-montré être plus désavantageux quutile ; ce dont ona pu sassurer en comparant la machine de M. Latouravec celles des autres exposants pendant quelles fonc-tionnaient.

3 e classe. Machines a coudre avec deux ftls produisantle point de navette.

Cette classe de machines à coudre est essentiellementaméricaine, et il paraît que le point quelle produitnétait pas, jusqu'alors, employé dans la couture àmain, mais fut inventé dans le but de faciliter lemploides organes mécaniques, et pour éviter les inconvé-nients du déraillement, qui est pour ainsi dire insé-parable du point de chainette.

Une aiguille verticale, percée près de la pointe, estalimentée par une bobine ; laiguille descend, percelétoffe et forme, en dessous, une boucle avec le fil ;une petite navette placée en bas traverse la boucle avecun second fil par un va-et-vient horizontal ; laiguillese relève alors, tire avec elle son propre fil, et serrela boucle en même temps que le fil de la navette; ceprocédé est répété tout le long de la couture, et derésulte, à lendroit de létoffe, une série de points imi-tant le point arrière ou piqûre à la main. Kn dessusde létoffe, si cest du lin, la couture montre le fil denavette parfaitement droit et retenu à de petits inter-valles par les boucles du Fil supérieur, qui cependantdisparaissent lorsquon opère sur une étoffe de laine, ils se logent dans lépaisseur. Malgré les objectionsadressées à ce système, il est évident, par le grandnombre dexposants de ce genre de machines à coudre,quil est, de tous, le plus apprécié et le plus répandudans la pratique. En effet, les quatre principaux expo-sants de machines à point de chaînette, MM. Singer,Grover et Baker, Journaux le Blond et Siegl présen-tent, en outre de leurs constructions respectives, unemachine à point de navette.

La première machine de ce genre fut inventée, en4834, par Walter Hunt , en Amérique ; elle est aussila première des machines à coudre américaines, de-vancée cependant de quatre années par la machinefrançaise de Thimonnier , précédemment décrite. Elleétait munie de laiguille percée près de la pointe etdune navette. Mais linventeur, nayant pas réussidans ses efforts pour la faire fonctionner dune manièrepratique, ne se fit pas breveter, et le projet resta dansloubli jusquen '1846, époque à laquelle Elias Howe fut patenté pour une machine ayant les mêmes or-ganes, mais si bien combinés, quelle a obtenu unsuccès prodigieux dans ce pays la main-dœuvreest si chère. Elle est la première véritable machine àcoudre pour lusage général, et lorigine de cette nou-velle industrie, qui a reçu un accroissement si extraor-dinaire dans les États-Unis , et qui commence à serépandre en Europe .

La construction de cette machine a subi des simpli-fications essentielles et des changements dans les dis-positions des parties travaillantes et du mécanisme quiproduit les mouvements relatifs; ils ont varié selon legoût des divers cessionnaires du brevet de M. Ilowe, etdes autres personnes qui ont tâché de limiter.

Dans ces catégories se trouvent les cinq machinesqui suivent :

COUDRE (MACHINE A). 4 23

M. Seymour, à New-York (États-Unis ). Lescouseuses inventées en Amérique par James Seymour,et exposées par M. Moore, propriétaire du brevet fran­ çais , so distinguent par la simplicité du mécanisme etpar leur bon marché. Le prix dune couseuse Seymourest de 350 fr., gt cest pourquoi ces machines jouissentdune faveur méritée en Amérique aussi bien quenFrance , il en a été construit un grand nombre.Elles donnent 500 points par minute, en moyenne,et on prétend que chacune se prête également bien àtous les matériaux, tels que drap, cuir, soie, feutre ettoile, ainsi quà louatage.

M. Thomas, à Londres ( Royaume-Uni ), a fait lac-quisition de la patente que M. Ilowe avait obtenue enmême temps en Amérique . M. Thomas sest continuel-lement occupé du perfectionnement de sa machine,dont il se sert principalement pour la confection descorsets. Le mécanisme diffère de ceux des autres con-structeurs de la machine de Howe, en ce quon y em-ploie une disposition très-simple de leviers mis en ac-tion par les rainures ondulées dune roue plate. Laconstruction de la navette est aussi améliorée. Quel-ques-uns de ces perfectionnements ont été dernière-ment lobjet de patentes en Angleterre et en France .

M. Siegl, à Paris (France ). Dans toutes les ma-chines de cette classe, lorsque le va-et-vient de lanavette a lieu dans une coulisse rectiligne, il est néces-saire quelle sapplique avec précision sur le côté decette coulisse qui .avoisine laiguille, afin déviter quele fil ne sengage dans leur intervalle. Une patente aété prise, en Amérique , lcJ29 mars 18 )3, par M. Thomp-son, pour lemploi dun aimant appliqué au côté exté-rieur de la coulisse, en vue dassurer ladhérence de lanavette : une disposition semblable a été brevetée enFrance , 31 août 4854, en faveur de M. Siegl.

MM. Wheler et Wilson (États-Unis ) exposent uneélégante machine (patentée cm Amérique , 12 novem-bre 1850), dans laquelle on a substitué à la navette unpetit disque plat tournant, au moyen dune roue à pé-dale, avec une vitesse constante dans un plan vertical.Ce disque porte, sur la plus grande partie de son con-tour, un bord saillant arrondi, ayant la forme duncroissant, dont les cornes émoussées se détachent unpeu du disque, afin quune delles puisse accrocher laboucle du fil que lui présente laiguille en descendant.La bobine circulaire et mince ressemble à celles em-ployées dans les métiers à tulle, disposition qui permetdy mettre cinq ou six fois autant de fil de soie que surla bobine des navettes à coudre ordinaires. Elle repose,avec un grand jeu, au milieu du croissant, soutenueentre les disques et un petit support fixe, ce qui met laboucle, accrochée par la corne, en état de passer au-tour de la bobine, comme dans les métiers de Buron etde Pecqueur, à fabriquer les filets dépêché. Cette ma-chine est, en apparence, la plus simple de toutes; maisla plus grande précision quelle réclame dans son exé-cution en a fait élever le prix.

M. Singer (États-Unis ) a exposé, avec ses machinesà point de chaînette, une machine à navette à laquelle,par des additions relatives à la régularisation de la ten-sion du fil et à ladoucissement du va-et-vient de lanavette par lemploi dune bielle, il a apporté une telleperfection que, selon le catalogue américain, elle peutexécuter jusquà 800 points à la minute, sans craindrede rompre les fils.

MM. Grover et Baker, à Boston (Etats-Unis ). Lanavette nest pas toujours conduite dans une coulisserectiligne ; ces messieurs, en effet, exposent, en outrede leur machine à point double de chaînette . une autremachine dans laquelle la navette est mue, en va-et-vient, suivant un arc de cercle. Les navettes de* troisexposants ci-après sont à rotation continue.

M. Dard, à Troyes (France ), présente une machina