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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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DÉCORATION CÉRAMIQUE .

DÉCORATION CÉRAMIQUE . 139

«cule capable de garantir dune foule derreurs quon nepeut éviter ordinairement que par des tâtonnementspénibles; seule encore elle permettra dobtenir, toute-fois avec des formules convenables, des couleurs decomposition parfaitement définie.

Pour faciliter létude des couleurs envisagées de cettemanière, nous conserverons donc ici la distinctionquont établie MM. Dumas et Brongniart entre les oxy-des et les fondants : cest sur cette meme distinctionque repose la différence que nous avons admise nous*même entre les couleurs et les émaux.

Sous le nom de couleurs vitrifiables, on confondaitgénéralement autrefois la couleur elle-même et son fon-dant; on considérait ccs deux substances comme capa-bles de sunir chimiquement par la fusion et commeformant après celle-ci un tout homogène. Jai fait voirdepuis longtemps que dans quelques cas seulement il enest ainsi : loxyde de cobalt, les oxydes de cuivre nedonnent, en effet, de coloration quà létat de silicatesou de sels; mais pour toutes les autres couleurs, aucontraire, loxyde de chrome et loxyde de fer en of-frent un exemple remarquable, le fondant nest quunvéhicule qui enveloppe le principe coloré et le fixe surlexcipient sur lequel on lapplique. Cette distinctionune fois admise, il est permis de considérer isolément,lune après lautre, la couleur proprement dite et sonfondant ; on peut étudier séparément la préparationchimique des élémeuts colorants, les oxydes et la fa-brication des principes fusibles qui doivent les faireadhérer ou glacer à la surface des corps sur lesquels onles pose. Les conditions indispensables auxquelles lesmatières colorantes doivent satisfaire, limitent nota-blement le nombre des substances susceptibles de ser-vir à la fabrication des couleurs vitrifiables. Nous lesavons fait connaître ; ces considérations nombreuses nesont cependant pas les seules dont il faille tenir compte.Dans la peinture sur porcelaine, et cest surtout quilimporte datteindre la perfection, quand les couleursdoivent être mélangées pour produire des nuances va-riées à linfini, on comprend la nécessité de proscrirelemploi de toutes les substances qui, à la températurede la cuisson, pourraient réagir les unes sur les autresde manière à changer de ton; cette nouvelle considé-ration limite encore considérablement le nombre de 3principes colorants dun emploi certain.

Jusquà présent les matières employées sont, parmiles oxydes simples :

Loxyde de chrome ;Loxyde de fer;

Loxyde durane ;Loxyde de manganèse ;Loxyde de zinc ;

Loxyde de cobalt ;Loxyde dantimoine;Loxyde de cuivre ;Loxyde détain ;Loxyde diridium.

Parmi les sels purs ou mêlés de matières terreuses :

Le chromate de fer ;

Le chromate de baryte ;Le chromate de plomb;Le chlorure dargent ;

Le pourpre de Cassius ;La terre d'Ombre ;

La terre de Sienne ;

Les ocres rouges et jaunes.

Nous ne saurions faire connaître ici, sous peine dedonner à cet article une étendue beaucoup trop consi-dérable, les diverses méthodes auxquelles on doit re-courir pour la préparation de ces différentes matières,en vue surtout des couleurs dans la composition des-quelles elles entrent; nous nous bornerons, aprèsavoir renvoyé le lecteur à nos Leçons de céramique,t. i et il, à présenter quelques dosages qui se rappor-tent à la fabrication des couleurs proprement dites.

Cet exposé sera précédé de lindication des princi-paux fondants.

Si lon fixe son attention sur la nature chimique desdifférentes glaçures sur lesquelles on peut appliquer

les couleurs vitrifiables ; si lon considère que les unesfondent à une température voisine de celle à laquelleles couleurs se fixent ; que les autres, plus dures, nesy ramollissent pas, et qunlors toute la fusion doitprovenir du fondant, on admettra sans peine que latempérature à laquelle les couleurs se cuisent est va-riable avec la nature du produit que lon veut décorer,et que laction des divers agents fusibles doit être dif-férente pour à peu près tous les genres de poterie.

On conçoit donc quil y a des différences tranchéesentre tous les fondants. Elles tiennent à la composi-tion des matières fusibles quon emploie dans leurpréparation et aux proportions dans lesquelles on lesmélange. Nous prendrons comme exemple les couleurstendres de porcelaine dure, et parce que ce sont leaplus nombreuses, et parce quelles peuvent servir depoint de départ facile et simple pour les couleurs appli-cables à la décoration des autres poteries. Nous endéduirons quelques composés propres à décorer lafaïence stannifere.

Les matières qui entrent dans la composition desfondants sont :

Le sable ou quartz ;Le feldspath ;

Lacide borique;

Le borax ;

Le borate de chaux ;

Le nitre ;

Le carbonate de potasse ;Le carbonate de soude ;Le minium et la lithnrge;Loxyde de bismuth.

Nous connaissons déjà toutes ces substances quientrent, comme parties fusibles, soit dans les putescéramiques, soit dans les glaçures de ces pâtes. Nousajouterons que, quelque variées que puissent êtreles proportions dans lesquelles on pourrait combinerces substances pour obtenir des composés plus oumoins fusibles, les conditions qui limitent le nombredes couleurs vitrifiables limitent sensiblement aussile nombre de ccs fondants ; et lon comprend les mo-tifs qui ont fait réduire au plus petit possible le nom'bre de ces fondants. Les couleurs qui servent à déco-rer le même excipient doivent se mêler ensemble, etcette condition est surtout indispensable pour la pein-ture sur porcelaine. Mélangées en toutes proportionspour produire les tons variés à linfini dont lartiste abesoin, ces couleurs doivent porter chacune la nuancequi lui est propre; il faut donc écarter les matièresfusibles qui modifieraient les oxydes, et ne faire usageque de fondants qui présentent une certaine analogiedans leur composition.

Létude des fondants se réduit à celle de six com-posés, tous employés comme principes fusibles dansla préparation des couleurs de porcelaine dure, et pou-vant entrer comme fondants, avec quelques légères mo-difications, dans les couleurs de porcelaine tendre, desfaïences fines et communes, etc. Ces fondants princi-paux ont dans lindustrie des couleurs vitrifiables desnoms particuliers. Nous leur donnerons des numérosdordre pour les faire figurer dune manière très-brève dans les dosages que nous nous proposons dedonner ; ce sont :

Le fondant aux rouges, n u 1Le fondant aux gris, n° 2Le fondant de carmin, n" 3

Le fondant de pourpre, n° i ;Le fondant de violet, n° 5 ;Le fondant de bleu, n° 6.

Fondant n° I. On fond :

Sable. 200

Minium. 000

Borax fondu. 100

On coule quand tout est fondu et lon pile dans unmortier de porcelaine.

Les observations qui suivent sur cette préparationont leur importance : on mêle bien les trois élémentsqui composent le fondant, on fait fondre dans un.