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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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MACHINES A VAPEUR.

MACHINES A VAPEUR.

plus hardis et les plus novateurs do notre époque,M. Girard, dont nous avons décrit Recluse, les procédésdhydropneumatisation, etc., a entrepris la solution duproblème qui nous occupe, et, avec laide de lhabileM. Froment, a essayé dappliquer à la vapeur le sys-tème de roues-hélices, de turbines sans directrice, quila imaginé et construit avec succès pour utiliser letravail moteur dune rivière à niveau variable, et qu'il aétabli sur la Marne, à Noisicl, dans lusine de M. Mi-nier. Nous emprunterons la description de lune etlautre machine à M. Léon Foucault , grand admirateurdu génie inventif de M. Girard.

« Pour donner une première idée, dit-il, de la roue-hélice employée comme moteur hydraulique, que lonse représente, dans un cours deau, une cloison percéeverticale qui sépare les eaux damont et daval, puis lemoteur installé dans l'orifice de communication, de tellesorte que la roue se présente transversalement au cou-rant, pendant que son axe demeure horizontalementplacé suivant la direction du cours deau. Lorificc decommunication qui permet au fluide de passer damonten aval est encore réduit, par un obstacle central, à uneforme annulaire (fig. 3647et 3648). Surlebord extérieur

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de cet orifice sappuie une paroi qui sévase vers lamonten un vaste entonnoir; sur le bord intérieur sappuieune autre paroi circulaire qui, seffaçant en sens in-

verse, se termine bientôt en pointe dans les eanx da -mont. Toutes ces parties sont fixes ; elles ont pour objetdaccélérer graduellement la vitesse du fluide qui seprésente, jusquau moment il séchappe par lorificeannulaire. Passons donc en aval delacloison, et si lori-fice est découvert, nou3 verrons les eaux sortir avec lavitesse acquise après sOtre moulées en un cylindrecreux ou en fraction de cylindre suivant la hauteur duniveau damont. Lorsque les eaux sont liantes et quelorifice est masqué, la figure des eaux mouvantes nestplus visible, mais elle nen existe pas moins; cest cccylindre deaux courantes quil sagit maintenant dofaire travailler.

<« Les choses étant, tout le monde aura lidée doplacer une couronne de palettes obliques en regard decette ouverture, (pii vomit un cylindre deaux vives.Mais voici lembarras : si vous mettez des aubes pla-nes, il y aura des chocs, des tourbillonnements etperte inévitable de force vive; si vous mettez des au-bes courbes, le fluide, graduellement retardé, obstruerales interstices, et lévacuation du fluide naura pluslieu librement. Il suffit du plus simple tracé poursassurer au premier coup dœil que les aubes, en secourbant, se rapprochent les unes des autres de ma-nière à rétrécir le canal formé par leurs parois; et sidailleurs ces aubes conservent suivant lusage lameme hauteur depuis leur origine jusqu'à leur termi-naison, il est clair que la section de tous les canauxcurvilignes, considérée dans le sens de la marche duliquide, va en diminuant progressivement depuis lori-fice dadmission jusquà lorifice dévacuation. Cc ré-trécissement de la section transversale occasionne unengorgement fâcheux auquel on navait su obvier jus-quici que par l'emploi des directrices, sortes daubesfixes qui pincent la veine et la réduisent à (les dimen-sions inférieures à celles de la section minimum ducanal à franchir.

« Mais comme nous lavons annoncé, M. Girard sup-prime les directrices ; il fallait donc imaginer quelquenouvel artifice pour rétablir la libre circulation du li-quide dans les canaux intorsticîels des aubes. Puisque,,par le fait de leur courbure, la section des canaux in-terposés diminue en largeur, établissons une compen-sation, sest dit AL Girard, en augmentant la hauteur,et si les variations inverses de ces deux dimensionssont convenablement combinées, la section du canal,tout en changeant de forme, conservera la meme éten-due, et, par suite, le fluide circulera sans obstacle de-puis son entrée dans les aubes jusquà sa sortie. Cetteconsidération a conduit M. Girard à accroître la hau-teur des aubes à mesure quelles se courbent et à in-sérer leurs bords adhérents sur des parois évasées dontla disposition est analogue à celle des parois fixes éta*blies en amont de la cloison pour produire laccéléra-tion des eaux. Abstraction faite des aubes, ces paroisconcentriques et mobiles interceptent un espace annu-laire disposé symétriquement en aval de la cloisonavec celui qui existe en arnont.

« Le meme genre de symétrie affecte les eaux dansleur marche : en effet, engagées dans la partie évaséede linfundibulum d'amont, elles gagnent en saccélé-rant la partie lapins étroite. Ayant ainsi acquis leurmaximum de vitesse, elles franchissent le détroit an-nulaire, qui les dirige dans la couronne des aubes;mais à ce niveau lespace sélargit de nouveau, et leralentissement que le fluide éprouve correspond admi-rablement au travail absorbé par le moteur. De quel-que manière quon envisage la question, cet évase-ment des parois de la roue apparaît comme la solutionvraie, unique et nécessaire du problème des turbinessans directrices, car sil inflige au liquide un ralentis-sement dans sa vitesse absolue, il conserve à ce liquidetoute sa vitesse relative par rapport aux aubes. En