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la vapeur, combinée avec les bains de chaux et leslessives de potasse ou de soude. On débarrasse de cettemanière la cellulose des matières étrangères et surtoutde la chlorophylle, dont la dépouille cette espèce derouissage, qui a en outre pour effet d’assouplir lesfibrilles et de les rendre plus aptes à. recevoir leurnouvelle application.
«< Parmilesmatièrcsvégétales susceptiblcsd’êtreainsitraitées, nous citerons encore les feuilles acéreuscs despins, qui couvrent d’une couche épaisse le sol des foretsdu Nord et qui fourniront sans doute, par la suite, unnouvel auxiliaire appelé à suppléer à la pénurie deschiffons, en procurant ainsi une ressource précieuseaux habitants de ces contrées déshéritées. Cette appli-cation nouvelle est d’autant plus probable, que déjà l’onest parvenu à séparer les principes végétaux étrangersà la fibre qui constitue le squelette de ces feuilles,pour préparer avec leurs filaments une matière quel’on a nommée laine végétale.
« Cependant, comme nous l’avons déjà dit, le principalreproche que l’on peut adresser à ces produits, aussibien qu’au bois dont on a fait également du papier,c’est le déchet considérable qui résulte «les différentesmanipulations qu’ils exigent. — La paille est peut,être, de toutes ccs matières, celle qui produit le moinsde pertes, puisque, par un travail convenable, on peutobtenir de 70 à 80 de papier pour 100 de cette matièrepremière.
« Il est d’autres substances végétales, au contraire,qui, imprégnées d’une grande quantité d’eau, ne don-nent qu’un très-faible rendement. Telle est la sphaignedes marais (sphagnum vulgare, cuspidatum , etc.), quipourrait fournir une ressource assez abondante auxpapeteries dans les contrées paludeuses. Il est à notreconnaissance, du reste, que déjà l’on a fabriqué enAllemagne un excellent et solide papier d’emballagecomposé presque uniquement avec cette plante d'eaudouce.
« Les roseaux fourniraient aussi, d’après M. Gauthierde Claubry, un excellent papier, d’un très beau blancet d’un tissu fin et soyeux, auquel on peut donnertoutes les qualités du papier de Chine, mais la culturedu roseau est assez dispendieuse. Elle ne peut d’ailleursêtre exploitée dans les localités boisées, oùl’iitilisationde la fougère , proposée en 1856 comme matière à papier,serait beaucoup plus convenable.
« Enfin, MM. Kœnig et Bauer, de Zcll (Bavière ), ontdernièrement utilisé une autre plante indigène très-abondante dans nos bois, le genêt commun (spartiumscopariumJ, pour la fabrication d’un papier d’enveloppefort résistant. On pourrait de même employer le spar-tium horridum, le spartium villosum et le spartiumjunceum , dont les Grecs formaient une espèce de tissuà la manière du sparto des Espagnols (genista hispanica},qui, lui aussi, fournirait un papier assez bon, quoiqued’un blanchiment difficile.
'< Dans quelques papeteries françaises , à Grenoble et àÈcharcon, on est aujourd’hui parvenu à imiter parfai-tement le fameux papier de Chine avet: la filasse dechanvre ou de lin travaillée en vert , sans pourrissage niblanchiment préalable. La transparence du papier quel’on obtient à l'aide de ces matières est due à l’acidepoétique ou aux pectates interposés entre les fibres.Dans la papeterie de Pontccchio, en Italie , on fabriquedepuis longtemps un excellent papier avec les sommités ;de chanvre sans mélange de chiffons, et les matièresglutineuses que fournit cette plante permettent de sepasser de l’emploi de la colle. C’est aussi à cause de laprésence de ces derniers principes que la pulpe de bet-terave, proposée en 1858 par M. R. Collyer, et dontnous avons déjàmentionné l’emploi, pourrait être utile,mélangée par demi ou par quart avec la pâte ordinaire,eu dispensant en partie du collage. M. Goesmnn a
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également utilisé dans lemême but la pulpe du sorghumsaccharatum.
« Le papier de réglisse (glycyrrhiza ghibra) , confec-tionné en 1826 par MM. Poisson et Julia de Fonteneîle,n’a pas besoin non plus d’être collé; il est très-consis.tant. On pourrait, dans notre pays, substituer à cevégétal propre à l’Europe méridionale , le chiendent ouVtguisetum , qui''fournissent de 15 à 25 pour 100 dofibres de qualité inférieure, mais se blanchissant bien.
« Une multitude d’autres végétaux seraient encoresusceptibles de concourir à la confection du papier.Nous avons déjà cité, parmi ceux qui offrent le plus degarantie, le palmier nain (chamurops humilis), si com-mun dans le midi de l'Europe et dans le nord de l’A frique . Nous pourrions y joindre, comme plantes exo-tiques propres à la même fabrication, le ris, Vagaveamerirana , le phormium tenax , la plupart des aloès , lesaccharum munja, le saccharum zara, ïeriophorum dau-tiabacum , certains hibiscus, les écorces intérieures descorchorusolitorius et capsularis, qui fournissent line pâtetrès-facile à blanchir , enfin le bambou et Varalea papy-rifera, que les Chinois font aujourd’hui encore entrerdans la composition de leur papier, ainsi que le mûrierà papier (broussonetia papyriferoj, qui sert au mêmeusage chez les Japonais. Cependant quelques-unes deces matières sont très-difficiles à blanchir.
<« Celui de tous ces produits exotiques qui paraît seprêter le mieux à la transformation en papier est latige de la canne à sucre (arundo saccharifera), quidonne de 35 à i() pour 1U0 de pâte très-blanche.
« Certains varechs, la tourbe, les lianes d’Amérique , lesfeuilles (le palmier . ont été également utilisés commematière à papier.
« On a fait encore depuis longtemps, et à l’instar desChinois, de nombreux essais pour convertir en papierdifférents bois. En 1838, la maison Montgolfier, d’An-nonay, obtint un brevet pour une semblable exploita-tion. Les frères Montgolfier ont recours au procédésuivant : le bois de tilleul, à l'état de sciure, qu’ils choi-sissent pour cette préparation, séjourne d’abord pendantcinq à huit jours dans un lait de chaux. La sciure estensuite désagrégée et effilochée dans une machine spé-ciale; puis, pendant environ dix heures, elle est sou-mise en vase clos à l’ébullition avec une lessive depotasse caustique. On passe à la presse le défilé qui enrésulte; puis on le traite de nouveau par la potasse etenfin par le chlore; après quoi, la pâte est mélangéeavec des chiffons et collée à la manière ordinaire.
« D’après des documents dont je n’ai eu connaissancequ’au moment de livrer mon travail au tirage, l’hon-neur de cette invention appartiendrait à la Belgique .M.Vander Haeglien, bibliothécaire de S. A. Mgr le ducd’Arenberg, m’a communiqué un échantillon de papierassez beau, fabriqué à Bruxelles en août 177 l, et ob-tenu, comme il conste des actes authentiques conservésdans sa famille, au moyen d’un mélange de quatrecinquièmes sciure de bois et un cinquième chiffon.
«« Déjà quelques tentatives pour la fabrication du pa-pier au moyen de la cellulose du bois avaient été en-treprises au commencement de notre siècle. Dès 1770même, on fit en France des essais pour fabriquer despapiers au moyen de lWorce du mûrier , et en 1786 lemarquis de Villette publiait ses œuvres sur papier deguimauve, en plaçant à la fin du volume des échantil-lons de papiers faits avec vingt autres substances diffé-rentes. Nous verrons plus loin que la guimauve a étéintroduite de nouveau, il y a quelques années, dans lapapeterie en Allemagne .
« Bien que divers essais eussent été faits dans ce sensen France et ailleurs, toujours est-il que c’est à unchimiste allemand , M. H. Voelter, de Heidenheim (Wurtemberg), que l’on doit les premières tentativesqui aient abouti, pour la fabrication du papier au moyen