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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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riLOTIS.

PILOTIS.

On décrira, dans cc qui va suivre, quelques moyensnouveaux denfoncer les pieux, en renvoyant dailleur3à larticle fondations tubulaires, page 257, pourles procédés détablissement de certains grands ponts.

On sait que le battage des pieux sexécute à laided'une masse dun poids assez considérable, que lonsoulève à une certaine hauteur pour la laisser retom-ber ensuite sur la tête du pieu à enfoncer. Lélévationde cette masse pesante, que lon nomme mouton, a lieuà laide dun appareil appelé sonnette, que tout leinonde connaît.

On a imaginé un grand nombre de dispositions pourappliquer aux sonnettes ordinaires laction dun moteurmécanique. Parmi les nombreuses solutions de ce pro-blème, il suffira de citer les deux suivantes :

La sonnette que lon décrira dabord a été imaginéepar M. J. Bower, et brevetée en Angleterre le 3 fé-vrier 1853. Sa disposition générale ne présente riende particulier, mais le mouton est soulevé par des ta-quets fixés sur une chaîne sans fin, qui senroule surune roue ou un treuil animé dun mouvement continude rotation.

Les figures 3673, 3674 et 3675 feront facilementcomprendre la disposition générale et les détails decet appareil simple et ingénieux.

En arrière du bâti B de la sonnette (fig. 3673) est

Fig. 3673. Élévation latérale de la sonnette.

placé un treuil G sur lequel senroule une corde ou unechaîne sans fin Y.

Des taquets W, fixés sur cette chaîne, sengagentsuccessivement dans une pince placée sur la tète dumouton P et le soulèvent jusquà ce que la pince soitouverte par le décliqueteur fixe It. Le mouton dégagétombe et vient frapper la tète du pieu en fiche A. Lachaîne sans fin Y continue son mouvement. Un secondtaquet vient immédiatement sengager dans la pince ;le mouton sélève de nouveau jusquen U pour retom-

C.

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ber sur le pieu. Ces chocs successifs sc reproduisentaussi longtemps que le treuil G continue à tourner.

Le décliqueteur R se fixe à la hauteur convenableentre les montants de la sonnette à laide de la vis depression S.

La distance des taquets sur la chaîne sans fin estréglée en raison de sa vitesse et de la hauteur de chute,de manière à cc quil y ait le moins do temps perdupossible entre chaque chute du mouton et lélévationsuivante

La fig. 3674 fait voir, sur une plus grande échelle, la

disposition du ta-quet W sur lachaîne sans fm Y.

Enfin la figure3675 montre clai-rement en pers-pective la formede la pince à dé-clic fixée sur latète du mouton. Letaquet est plus grosque la petite bran-che quand elle estfermée, et entraîne,par conséquent, lemouton dans sonmouvement ascen-sionnel.

Lo décliquétcurR en forme de coin( fig. 3673) sintro-duit entre les lon-gues branches (fig.3675) de cettepince, les écarte etfait ouvrir lautreextrémité, qui lais-se alors passer letaquet W : ce quidétermine la chutodu mouton.

La chaîne sansfin VV (fig. 3673)passe surdeux pou-lies de renvoi A et

_. w , K. placées entre

Fig. 3G7o.Vue du mouton et do son les lnontants , Ju

te lc * bâti de lasonnette.

Ces poulies serventà régler la tension de la chaîne sans fin, quand la lon-gueur se modifie, ou bien quand on change la positionrelative du treuil et de la sonnette.

La poulie inférieure est tirée de haut en bas parlo ressort à boudin fixé au patin de la machine.

La position do la poulie supérieure K est réglée àlaide dune vis, qui traverse un écrou fixe placé entreles montants.

Une disposition plus simple encore et qui a reçu lasanction de nombreuses applications a été imaginéepar M. Janvier, ingénieur des ponts et chaussées, at-taché au service du port de Toulon (Annales des pontset chaussées , 1856, t. I, p. 6).

Les figures feront facilement comprendre cette appli-cation remarquable par la simplicité de la machinelocomobile aux travaux des chantiers de construc-tion.

La locomobile est montée sur la plate-forme d'unegrande sonnette ordinaire (fig. 3676), installée sur unponton, ou roulant sur des rails parallèles à la ligne depieux à enfoncer, comme lindique la figure. Larbremoteur des treuils de mise en fiche et de battage com-munique par un enclanchement avec l'arbre A (fig. 3677

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Fig. 3674. Taquet de la chaîne.

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