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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

il y a danger pour l'étoffe, inconvénients pour lesouvriers si les soins viennent à manquer : mais il y apossibilité de traiter rapidement des masses considéra-bles. On pourrait opérer avec les memes avantages enfaisant usage de solutions étendues portées à des tem-pératures voisines de GO à 'î0 degrés. Les pièces se-raient facilement imbibées et dépouillées de lair con-tenu dans les pores.

A. Lorsquon fait usage des dissolutions étendues,on opère la décoloration dans des appareils variables.

Tantôt on fait usage de cuves pouutnt contenir de4U0 à 500 pièces de calicot, les pièces sont pliées enpaquets ; on imbibe les pièces avec la dissolution dochlorure de chaux contenue dans une première cuve,on les expose à lair pour que la réaction se fasse, non-seulement sur la surface du tissu, mais meme à linté-rieur des fibres, puis on les plonge dans une secondecuve qui contient de lacide affaibli. Le chlorure dechaux liquide qui mouille le tissu se décompose, et lamatière colorante, en contact avec le chlore à létatnaissant ou lacide hypochloreux mis en liberté, setrouve en partie détruite. On retire ces pièces pour lesdégorger.

Tantôt les pièces sont placées dans un cuvier à les-sive dans lequel on fait circuler la dissolution de chlo-rure de chaux; cette méthode a l'inconvénient de neconduire quà des résultats incomplets; car il se formedes courants auxquels correspond une décolorationtrop avancée, cest-à-dire laltération des tissus. Lespoints qui font obstacle à la circulation régulière nesont que peu décolorés.

Tantôt les étoffes engagées sur des rouleaux presseurspassent en y plongeant quelque temps dans des bains dechloruredechaux; laction delair et laction de la batteproduisent un dégagement uniforme et très-lent, tropfaiblç pour compromettre la résistance des tissus.

Tantôt on fait tremper les pièces quinze à la foisdans une fosse carrée surmontée dun tourniquet surlequel on les place après une immersion de 30 à 40 mi-nutes. On les enroule pour les transporter sur le tour-niquetlui-même au-dessusdun bain dans lequel on lesdéroule aprèsquelles ont été égouttées, de façon que leseaux dégouttago retournent au bain de chlorure dechaux.

Tantôt enfin les pièces, au lieu de séjourner dans lebain, sy plongent en passant successivement autourdun tourniquet qui les fait mouvoir et renouvelle ainsiles points de contact; à la sortie des trois cuves juxta-posées dans lesquelles passent les memes pièces, ellessont comprimées entre deux rouleaux presseurs quirejettent leau dimbibition ; deux caniveaux les ra -mènent dans les cuves.

, comme toujours, les tissus passés au chlorurede chaux sont immergés dans un bain acide qui meten liberté lagent utile dans la décoloration.

B. Lorsquela dissolution de chlorure de chaux est con-centrée, le séjour des pièces dans le bain deviendrait dan-gereux pour la sécurité de létoffe ; on ne fait donc queles y faire passer dune manière égale, en les im-mergeant et les exprimant à chaque passage. On lespasse enfin dans un bain acide pour décomposer lechlorure de chaux. Il est convenable alors, pour ne pasincommoder les ouvriers, de mettre au-dessus de lahuche qui contient lacide, une hotto dont le but est deconduire au dehors les vapeurs dégagées au contact delacide et du chlorure de chaux.

Quel que soitlétatdc concentration du chlorure em-ployé, les pièces doivent être dégorgées avec le plusgrand soin, et, dans tous les cas, leblanchimentterminépar un passage dans une lessive quia pour but dentraî-ner la matière colorante modifiée sous linfluence duchlore. Après cette deuxième lessive, on lave les pièces,et sil faut pour les besoinsde la teinture un blanchiment

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parfait, on recommence la série dopérations dans lordreque nous venons d'indiquer.

Ce nest que lorsque les pièces sont arrivées au de-gré de blanchiment voulu quon les soumet à lopéra-tion du vitriolage. Lacide enlève la résine qui ré-siste aux alcalis et qui se colorerait plus tard par lecontact de lair ; cette résiue accompagne la fibre et nola quitte que sous linfluence des acides ; ccdernier trai-tement a de plus pour effet de dissoudre les oxydes dofer ou dalumine accidentellement déposés sur les tis-sus , et dont la présence se manifesterait après lateinture par des maculatures et des taches irrégu-lières.

Ce bain, généralement composé dacide sulfuriqueétendu, se donne de deux manières:

A. Lorsquon na pas à sa disposition de générateurde vapeur.

P». Lorsquon a sous la main une chaudière pouvantau besoin chauffer les bains. Dans tous les cas, il con-vient de laisser déposer le sulfate de plomb que lacideconcentré du commerce contient toujours et qui se dé-pose quand on étend deau lacide concentré. Il est in-dispensable, lorsque les étoffes ont passé deux ou troistours datis le bain acide, de laver les étoffes à grandeeau, puis de les dégorger complètement afin déloignerjusquaux dernières traces dacide qui, se concentrantpar la dessiccation, pourraient avoir pour effet de dé-truire la résistance de létoffe.

Maintenant que nous connaissons la théorie du blan-chiment des matières textiles dorigine végétale, lesappareils dont on fait usage, et lordre dans lequel onfait les opérations successives qui composent lensemblede lart du blanchisseur, nous résumerons, au point devue des dosages des bains, une opération sur les étoffesde coton, de toile, de lin ou de chanvre. Nous sup-poserons une décoloration par étendage sur le pré pourles étoffes de toile.

Blanchiment des tissus de coton. Nous applique-rons au blanchiment du calicot les observations quenous venons de poser. Les pièces de calicot écru re-çoivent pour être dégraissées :

1° Un premier lessivage à la chaux de 20 à 2iheures; on prend pour faire la lessive 30 kilogrammesde chaux, pour 1000 pièces de calicot 3/4, quon faitdissoudre pour économiser la chaux dans le résidu dolopération n° 3 ;

2° Un lavage et un dégorgeage ;

3° Un second lessivage à la chaux, de même duréeque le premier et de même composition, mais fait avecde leau pure ;

4° Un lavage et un dégorgeage ;

«5° Une immersion dans lacide sulfurique tièdeà

6° Un lavage et un dégorgeage ;

7° Un lessivage au carbonate de soude; la lessiveest faite avec le résidu de la lessive n° 12, à laquelleon ajoute 1 kilog. de carbonate de soude par -100 mètresde calicot 3/4 ;

8° Un lavage et un dégorgeage.

La décoloration seffectue pour le même nombre dopièces en leur faisant subir :

0° Une immersion de quelques heures dans une so-lution de chloruré de chaux qui ne marque pas à la-réomètre, et qui, saturée par un acide, ne dégage pas dechlore ;

10° Une immersion dans un bain acidifié par lacidechlorhydrique à 2° Baumé ;

11 ® Un lavage et un dégorgeage ;

12° Un second lessivage au carbonate de soude pen-dant 24 heures. On ajoute 4 kilog. 5 de carbonate dosoude à la quantité deau nécessaire au lessivage do1 U00 mètres de calicot ;

13° L T n lessivage et un dégorgeage;