Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
3
JPEG-Download
 

DK I/ART INRLSTRIEL.

le produit industriel viendra souvent se confondre avec celui de l’art pur; ainsi, parexemple, la pièce d'orfèvrerie sur laquelle on fera naître des formes qui devront plaireà l’œil, pourra bientôt devenir une véritable (ouvre d'art ; il n'y a de différence essen-tielle (en laissant de côté les conditions commerciales de bas prix de revient) quedans la nécessité d'employer certains éléments commandés par l'utilité, ou des pro-portions trop réduites, ce qui trace souvent une ligne de démarcation entre le produitindustriel et celui purement artistique. Enfin, l'architecture traitant essentiellementd'une utilité, d'une construction, est, par sa nature intime, un art industriel.

(l’est donc l'accord du beau et de l'utile, de l'art et de la convenance au point devue de l’usage, qui forme la base de tout l'édifice de l’art industriel, (le qui précèderend compte des limites que nous devrons souvent nous imposer pour ne pas sortirde notre sujet.

Nous venons d'indiquer la haute portée intellectuelle des questions que nous avonsà étudier dans ce travail; mais ne fût-elle pas comprise, que, dans l'ordre des faits,traduction toujours tidèle des phénomènes de l'esprit humain, la vaste étendue duchamp de l’art industriel, des applications des beaux-arts à l'industrie, qui comprendpresque tous les produits (pii nous entourent, suffirait (tour faire apprécier à queldegré il est nécessaire de s'v arrêter. Cet élément de succès pour les nations comme,pour les individus est le plus souvent négligé dans les meilleurs ouvrages sur la pro-duction où le côté technique, celui do l’application des sciences à l’industrie, est engénéral surtout mis en lumière; et cependant si, se plaçant, par exemple, au point devue de la France , on peut dire que la ditfusion des sciences dans leurs applications àl’industrie est une base fondamentale de notre prospérité, on doit allirmer, commeégalement essentielle, tout au moins, l’étude des beaux-arts; car les plus grands succèsdes produits de notre industrie sont évidemment dus à la diffusion du goût, au talentde nos artistes, si bien secondés par le goût exercé de nos fabricants et de nos ouvriers.

L'Exposition universelle de Londres a démontré ce que celle de Paris confirme,à savoir ce cachet tout particulier de goût attaché à nos produits, qui donne souventaux moins importants une véritable valeur artistique. Qui ne sait que Paris créela mode , c'est-à-dire invente et juge souverainement en fait d'articles de goût?Si l'on remontait à l'origine de la création de bien des objets élégants de cette indus-trie française si estimée dans le monde entier, l’on verrait que leur valeur artistiqueest souvent due à l'imagination d'un pauvre ouvrier travaillant dans sa mansarde,qui a eu le goût assez pur pour modifier heureusement le modèle qui lui était donné.

L'étude des beaux-arts, qui est, dans ses manifestations les plus élevées, le grandmoyen de vulgariser le bon goût, de faire naître des artistes éminents, capablesde former des écoles, de donner une heureuse impulsion, est donc d’une extrêmeimportance pour la France , afin 11e pas la voir déchoir de sa position et s’amoin-drir en présence des efforts intelligents de nations rivales, qui 11e négligent rien pouraméliorer le goût de leurs producteurs, par le développement de l'enseignement dudessin et l'exposition publique des chefs-d’œuvre des arts.

L’Angleterre, avec son éminent bon sens, a vu clairement à l'Exposition de Londres tout ce quelle avait à faire dans cette voie, et a fondé aussitôt les musées de Sydenham,de -Marlborough-llouse, ainsi qu’un très-grand nombre d'écoles de dessin. Elle a par-