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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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](i DE I/AIVÏ IXIUSTIUEL.

seraient faciles a déterminer d'une manière absolue. Mais il n'en est nullement ainsi,comme on peut le prévoir d'après le petit nombre de lois générales que lionssommes parvenus a indiquer, et qui ne peuvent d'ailleurs, connue on le sent facile-ment, avoir aucune influence sur le développement des facultés artistiques, de l'espritinventif, ce qui doit être l'objet principal de l'étude que nous entreprenons ici.

Puisque les (ouvres dans lesquelles nous réalisons ce que nous ; _ ' s le beau

sont des créations de notre' esprit, elles ont une relation directe avec la civilisation,les idées qui agitent l'esprit humain à chaque époque; on a donc dû apprécier enchaque siècle des harmonies diverses, mais toutes remarquables. En un mot, il y aune succession historique qui doit, être étudiée, qui nous révèle une foule d'har-monies découvertes avant nous; moyen puissant de développer le goût par des com-paraisons et des études convenables, qui permet d’arriver à la production d’harmoniesnouvelles, quand on a compris et senti d'abord celles si nombreuses et si variées quiont été découvertes dans la succession des travaux des hommes de génie de toutes lesépoques et de tous les pays.

La production du beau étant due surtout à l'initiative, au sentiment de l'art dechaque grand artiste, écho de son époque sans cesser d'être lui-même, n'est pasnécessairement progressive, et l'on ne peut, comme dans les sciences exactes, oublierles travaux des prédécesseurs pour ne conserver que les théorèmes découverts pareux. En un mot, il s'agit de connaissances de l'ordre des sciences morales, et l’étudehistorique, en attirant notre attention sur des œuvres que nous apprécions avec ceque nous appelons le sentiment du beau, doit donner des résultats aussi nets queceux tpie, dans d'autres voies, la philosophie, l’histoire par exemple, nous étudions àl'aide du sentiment du vrai, du juste.

Insistons un peu sur ce point de vue d'une grande importance et qui donne lavraie raison d'être d'un travail de la nature de celui-ci.

On sait que l’école historique, si justement célèbre en Allemagne , qui a renduillustres les noms de Savigny, de Xiehuhr, etc., et révolutionné les études juridiques,a prouvé surabondamment que l’étude abstraite du droit, en employant une méthodede déduction semblable à celle de la géométrie, ne mène qu'à des résultats de peude valeur; que chaque cerveau, prenant une vue incomplète du juste pour le justeabsolu, arrive bientôt, par des déductions parfaitement logiques, à l'absurde lemoins contestable.

Au contraire (et les travaux de l'école historique l'ont également démontré), l'étudehistorique des institutions , en permettant de comparer , d'étudier les effets des loisles plus diverses chez tous les peuples et dans tous les temps, en forçant de tenircompte de tous les éléments qu'il est impossible de comprendre entièrement dansune analyse, en étudiant des réalités au lieu do suivre des conceptions abstraites,permet d'entrevoir une image bien plus complète, bien plus nette, de ce juste absolu,divin, que l'intelligence humaine ne saurait jamais parfaitement définir.

C'est, de la même manière que les monuments, les œuvres remarquables desdiverses époques, forment la véritable école du beau, et que leur étude attentive peutseule permettre d'entrevoir, de développer le sentiment de ce beau divin, qui ne peutse formuler en quelques phrases, résulter de quelques déductions plus ou moinslogiques. C’est l'étude intelligente des chefs-d’œuvre, l’analyse raisonnée de chacun